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Mort de Jérémy Cohen: les explications de l'avocat de la famille

Maître Franck Serfati était l'invité de RMC ce mardi matin pour évoquer la mort de Jérémy Cohen, percuté mortellement par un tram à Bobigny en février dernier, après avoir été agressé par un groupe dans la rue.

Que s'est vraiment passé durant cette soirée du 16 février à Bobigny ? Jérémy Cohen, jeune homme de 31 ans de confession juive, y a été percuté mortellement par le tram T1. Si l'enquête initiale s'orientait vers un accident, une vidéo de l'agression a été diffusée ce lundi et a connu un large écho sur les réseaux sociaux. On peut y voir la victime se faire agresser physiquement par un groupe de personnes au pied d'un immeuble, avant de le voir tenter de prendre la fuite et se faire faucher par le tramway.

Maître Franck Serfati, avocat de la famille, est revenu ce mardi matin sur RMC sur les faits qui sont à sa connaissance dans cette affaire.

"Il circulait paisiblement sur une avenue de Bobigny près du tram. Il a été acculé par un groupe d'individus, ils étaient 15 ou 16 comme on le peut voir dans une vidéo devenue virale. Il a été lynché, brutalisé, violenté par notamment un individu venu rejoindre ce groupe, lui porter des coups d'une violence extrême. Il échappe à ce groupe d'agresseurs, court et percute mortellement le tramway et décède quelques heures plus tard dans la nuit", détaille-t-il.

"Jusqu'à fin février, les autorités de police ne semblent pas enclines à mener une enquête pertinente"

L'avocat explique ensuite que c'est la mobilisation des deux frères de la victime qui a permis de faire évoluer l'enquête.

"Dans un premier temps, la police, s'oriente vers un simple accident de la circulation. Deux de ses frères décident de déposer plainte. Jusqu'à fin février, les autorités de police ne semblent pas enclines à mener une enquête pertinente. D'où la réaction des deux frères qui décident de distribuer dans les boîtes aux lettres dans le quartier où est mort Jérémy, un appel à témoins. Des réactions en sont ressorties, d'abord cette vidéo éclairante filmée par un passant. Mais aussi des réactions de personnes présentes, quatre ou cinq messages, disant qu'il est mort en fuyant ses agresseurs", explique-t-il.

"Une kippa été retrouvée près du corps"

Des questions ont été soulevées relevant du caractère antisémite de cette agression, mais il n'y a aucun élément confirmant cela pour l'instant selon Me Franck Serfati.

"Pour l'instant, non, on n'a pas de preuves tangibles. Il serait inutile, mensonger, voire inefficace d'aller aujourd'hui crier à l'acte antisémite. Pour autant, il existe un certain nombre de faits. Une kippa été retrouvée près du corps et a été restituée par les forces de l'ordre à la famille. Circulait-il avec une kippa sur la tête? Pour l'instant, la question se pose mais nous n'avons pas de réponses sûres et certaines", précise l'avocat.

J.A.