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Normandie: un restaurateur condamné pour traite d'êtres humains

Un restaurateur marocain, propriétaire de plusieurs restaurants en Normandie, a été condamné ce lundi à de la prison ferme pour traite d'êtres humains.

Propriétaire de plusieurs restaurants dans l'Eure et en Seine-Maritime, un homme faisait vivre un enfer à ses salariés. Ce Marocain, né en 1960, promettait un salaire de 1.600 euros, un hébergement et une régularisation administrative à ses futures employés.

La réalité, c'est un ancien salarié qui la raconte: 15h de travail par jour, des nuits passées à dormir en cuisine, à même le sol. Et puis, un soir, alors qu'il souhaite démissionner, cet ancien employé est passé à tabac.

Une plainte est déposée et c'est à ce moment-là que les policiers se rendent compte de l'ampleur du phénomène. Quatre autres victimes sont à leur tour identifiées, vivant dans des conditions inhumaines.

Chiens lâchés en cas de fuite

Très mal logés, ces anciens salariés n'avaient droit qu'à une douche par semaine. Et si par malheur, ils souhaitaient s'échapper, des chiens étaient lâchés pour les dissuader de fuir.

Le restaurateur a été jugé une première fois en 2018, condamné à quatre ans de prison. Mais c'est en 2021 que les cinq victimes, appuyées par le Comité contre l'esclavage moderne, cite leur bourreau à comparaitre pour "traite d'êtres humains".

L'homme toujours recherché

Une qualification qui vaut au restaurateur d'être condamné une première fois en 2021 à un an de prison ferme. Peine confirmée ce lundi, par la Cour d'appel de Rouen. Le restaurateur reconnu coupable reste lui introuvable, et fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt.

"Ce dossier est une première: la traite d'êtres humains a déjà été retenue pour des réseaux de passeurs mais pas pour avoir fait travailler ses salariés dans des conditions épouvantables", a expliqué l'avocat général François Pucheux.

La Défenseure des droits Claire Hédon a déclaré à l'AFP souhaiter que "cette décision s'inscrive dans une reconnaissance plus systématique de la traite des êtres humains et que la lutte contre ce phénomène criminel devienne une véritable priorité".

Alfred Aurenche (édité par J.A.)