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Fausse alerte attentat à Paris: "On a fait ça pour le buzz"

TEMOIGNAGE - Les enquêteurs privilégient la thèse d'un acte malveillant qui serait l'œuvre de hackers, après la fausse alerte qui a provoqué samedi une vaste opération antiterroriste dans le centre de Paris. RMC a pu contacter l'un de ces hackers.

Fausse alerte, mais vraie panique... Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "dénonciation de crime imaginaire" et "divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse". Samedi, une alerte attentat a été donnée après un appel à la police parlant d'une prise d'otage autour de l'église Saint-Leu dans le quartier des Halles. L'après-midi même, deux jeunes se sont vantés sur les réseaux sociaux d'être à l'origine de cette rumeur irresponsable. RMC a pu joindre l'un de ces hackers.

Il se présente sous le pseudonyme de Zakhaev. Il prétend avoir 17 ans et affirme avoir téléphoné à la police samedi en se faisant passer pour un prêtre pris en otage avec d'autres personnes dans la cave de l'église Saint-Leu. En guise de preuve, Zakhaev nous fait écouter la conversation avec le policier, qu'il a enregistrée. "On a simulé une prise d'otage dans l'église d'une personne de type maghrébin, munie de ceintures explosives et des armes, raconte-t-il. On ne pensait pas que ça allait marcher".

"Si les gens s'affolent c'est leur faute"

Pourtant, l'appel a été pris très au sérieux. Le quartier est bouclé, les habitants confinés et la brigade de recherche et d'intervention (BRI) envoyée sur place. Zakhaev n'a pas conscience des conséquences: "On a fait ça pour le buzz, histoire de se faire connaître, assure-t-il. Si les gens s'affolent c'est leur faute". Un comportement totalement irresponsable selon le ministère de l'Intérieur car les auteurs ont pris sciemment le risque de détourner les forces de sécurité de véritables cas d'urgence.

Les deux hackers risquent jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. Mais le bâtonnier de Paris, Frédéric Sicard souhaite alourdir cette sanction financière: "Des opérations de ce type coûte extrêmement cher, cela s'élève à des centaines de milliers d'euros. Il faut que celui qui en est responsable assume les conséquences et que l'Etat soit remboursé". La police cherche maintenant à trouver ces hackers qui brouillent les pistes avec des connexions sécurisées, même pour passer leurs appels téléphoniques

M.R avec Claire Andrieux