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Féminicide à Mérignac: "C'est un dysfonctionnement", concède la ministre Elisabeth Moreno

La ministre chargée de l'Egalité femmes-hommes a reconnu sur RMC que le rapport sur le suivi administratif du conjoint violent pointe des dysfonctionnements.

Le rapport de l'administration sur le féminicide de Mérignac est accablant. Chainez a été brûlée vive par son conjoint violent puis tuée avec une arme à feu dans la rue au vu de tous début mai.

Les ministères de la Justice et de l'Intérieur avaient déjà annoncé dans un point d'étape mi-mai que la mission d'inspection diligentée après ce fait divers a pointé "une suite de défaillances" dans le suivi du conjoint violent.

Ce jeudi, la ministre chargée de l'Egalité femmes-hommes, Elisabeth Moreno, le confirme sur RMC: "C'est un dysfonctionnement : il faut le reconnaitre, reconnaitre ce qui ne fonctionne pas", a-t-elle reconnu face à Apolline de Malherbe.

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6 mesures lancées par le gouvernement

La ministre annonce que des nouvelles mesures sont mises en place et "vont venir renforcer les anciennes mesures". En effet, en réponse à ce rapport, le gouvernement lance 6 mesures pour renforcer la protection des victimes de violences : avec notamment le déploiement de 3.000 nouveaux "téléphones grave danger" qui permettent aux victimes d'avertir directement les forces de l'ordre lorsqu'elles voit s'approcher l'auteur des violences.

Le gouvernement veut aussi renforcer le contrôle de la détention et de l’acquisition des armes à feu, "utilisées dans la majorité des féminicides", ou encore créer un fichier des auteurs de violences conjugales. 

Les bracelets anti-rapprochement et téléphones d'urgence multipliés?

Elisabeth Moreno confirme que le gouvernement compte beaucoup miser sur les bracelets anti-rapprochement : 

"L'assassin de Chainez n’avait pas de bracelet anti-rapprochement car cela n'existait pas. Aujourd’hui il aurait un bracelet anti-rapprochement. Le ministre de la justice a sensibilisé les magistrats sur l’urgence (de déployer les bracelets anti-rapprochement)", assure-t-elle alors qu'elle précise que 130 bracelets sont activés aujourd'hui sur l'ensemble du territoire.

La ministre appelle également à un "déploiement massif" des téléphones "grave danger" pour contrer ce fléau (voir vidéo ci-dessous). "Aujourd'hui, un peu plus de 1.300 sont véritablement utilisés sur les 1.800 à disposition", concède-t-elle. "Certains juges les distribuaient avec parcimonie en fonction de la dangerosité car il y en avait peu. Ils en ont 3.000 à disposition, les magistrats ne vont plus se restreindre maintenant"

J.A.