RMC

Femmes interpellées dans l'Essonne: "L’adhésion à une idéologie extrémiste n’est pas l’apanage des hommes"

Trois femmes ont été interpellées lors d'une opération antiterroriste à Boussy-Saint-Antoine, dans le sud de Paris, le 8 septembre 2016.

Trois femmes ont été interpellées lors d'une opération antiterroriste à Boussy-Saint-Antoine, dans le sud de Paris, le 8 septembre 2016. - GEOFFROY VAN DER HASSELT - AFP

Trois femmes radicalisées, impliquées dans l'enquête sur la voiture contenant des bonbonnes de gaz retrouvée le en plein Paris ont été interpellées jeudi soir dans l'Essonne. Agées de 19 à 39 ans, elles "préparaient de nouvelles actions violentes et imminentes", d'après Bernard Cazeneuve. Si la plupart des terroristes identifiés sont des hommes, l'existence de femmes radicalisées n'a rien d'étonnant.

Matthieu Suc est journaliste à Mediapart et auteur de Femmes de djihadistes, publié chez Fayard. D'après lui, les femmes passent plus rarement à l'action dans les attentats que l'homme, mais sont tout autant déterminées.

"Il y a une doctrine constante de l’Etat islamique, c’est-à-dire que les femmes ne peuvent pas intervenir sur des attentats ou des zones de guerre. Cela engendre une frustration chez les femmes, et notamment chez les plus jeunes d’entre elles.
La volonté des femmes - celles qui ne sont pas encore mariées sont virulentes - c’est "on ne va pas attendre les mecs pour s’assurer notre place au paradis". Et puis les femmes partagent le rejet des valeurs de l’Occident, ce n’est pas une cause uniquement masculine, elle est largement partagée par les femmes."

Fatima Lahnait est chercheuse, auteure du rapport Femmes kamikazes, le jihad au féminin, publié par le Centre français de recherche sur le renseignement. Comme pour les hommes, de nombreux facteurs peuvent favoriser la radicalisation de certaines femmes, explique la chercheuse.

"Je ne suis pas surprise car l’adhésion à une idéologie extrémiste n’est pas l’apanage des hommes. Les femmes peuvent se montrer tout aussi déterminées qu’eux.
Les radicalisations ne se déroulent pas en quelques heures, en quelques jours. Les facteurs peuvent être nombreux: à la fois des problèmes sociaux, des problèmes psychologiques, un sentiment de rejet… Est-ce que leur adhésion a été amplifiée par les récentes affaires liées au burkini? Il va falloir déterminer tous ces éléments."
C.V. avec Aurélia Manoli