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Forcené d’Echirolles: la police "ne doit pas avoir forcément la même justice qu’un simple citoyen"

Le commissariat de Grenoble.

Le commissariat de Grenoble. - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Après la mort d'un homme de 52 ans vendredi soir à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble, la question de la légitime défense se pose toujours pour les policiers.

Vendredi, cinq policiers grenoblois ont tiré sur un forcené à Echirolles alors que celui-ci les visait avec un petit pistolet d'alarme. Ils ont été laissés libres après plusieurs heures de garde à vue. Une enquête préliminaire pour homicide volontaire a été ouverte. La famille de la victime va elle porter plainte et dénonce une bavure.

L’IGPN, la police des polices, a saisi les armes des policiers, des pistolets automatiques, un fusil d’assaut et un Taser, ainsi que le petit pistolet d’alarme du forcené. Une analyse balistique est en cours, notamment pour savoir si l’arme de la victime était chargée, si elle aurait pu blesser l’un des policiers, et si ces derniers auraient pu se défendre autrement.

Alors que l’autre aspect de l’enquête concerne l’état physique et mental de l’homme de 52 ans, cette affaire illustre les difficultés actuelles que connaissent les policiers dans leurs interventions. Et notamment l’application de la fameuse légitime défense.

Yannick Biancheri, responsable pour l'Isère du syndicat Unité SGP-Police:

"Ce sont des choses que nous dénonçons depuis un moment. Là ça devient du concret, on voit des policiers qui ont été obligé de faire feu. Parce que ce n’est pas de gaieté de cœur: s’ils ne le faisaient pas, ils risquaient leur propre vie. Ils ont été obligé d’utiliser leur arme. Et là, il y a la justice qui se déroule derrière, c’est là où ça pèche un peu. Nous on est policier, on est considéré comme des simples citoyens. Quand on exerce notre métier, on ne doit pas avoir forcément la même justice qu’un simple citoyen. On est là pour protéger nos concitoyens, l’Etat, la République. Est-ce qu’on doit être considéré sur le plan judiciaire sur le même plan qu’un citoyen? Là est la question"

Arnaud Levy-Soussan, avocat des policiers d'Echirolles:

"Les policiers qui sont menacés par un individu avec une arme, n’ont pas d’autre choix à ce moment-là, sauf à attendre que cette arme soit utilisée. Il faut que la défense soit nécessaire, proportionnelle, et il faut qu’elle soit simultanée. Les cinq policiers ont utilisé leur arme au même moment, sans se concerter. Ce qui est la preuve qu’ils ont apprécié de la même manière le danger. Pour moi il y a vraiment une légitime défense qui ne fait aucun doute"
Gwenaël Windrestin (avec AM)