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Fréjus: le président de l'agglomération suspend les aides de tout un quartier après des incivilités

Le président de l'agglomération de Fréjus a annoncé la suspension d'aides allouées à un quartier sensible de Fréjus après des débordements en marge de la qualification du Maroc pour les quarts de finale de la Coupe du monde mardi.

L'agglomération coupe le robinet des subventions. Après des débordements à Fréjus dans le Var, le président LR de l'agglomération Frédéric Masquelier a décidé de suspendre les allocations allouées à plusieurs associations du quartier de La Gabelle. Mardi, en marge de la qualification du Maroc pour les quarts de finale de la Coupe du monde, plusieurs individus s'en sont pris aux forces de l'ordre.

Des policiers ont été visés par des jets de pierre, des tirs de mortiers et de fumigènes. Aucune personne n'a été blessée et aucune interpellation n'a été effectuée en marge de ces débordements.

69.000 euros de subventions supprimés

Dans la foulée, le président LR de l'agglomération a décidé de la suppression de 69.000 euros de subventions notamment 11.000 euros alloués pour des cours de Français et 20.000 euros prévus pour la création d'une crèche: "Nous n'allons pas continuer à investir pour que des biens soient détruits ou brûlés dans un mouvement d'humeur", a assuré Frédéric Masquelier ajoutant qu'il était "inacceptable" que des policiers soient agressés.

"C'est le syndrome du pompier pyromane", tacle ce jeudi sur RMC et RMC Story la journaliste Emma Dancourt. "On punit tout un quartier alors que c'est le fait de quelques-uns. Je trouve ça scandaleux, on ne peut pas sanctionner tout le monde, on doit sanctionner les responsables", ajoute-t-elle sur le plateau d'Estelle Midi.

"On devrait chercher, trouver, punir mais on n'y arrive pas", estime Thierry Moreau qui déplore que le maire en appelle à la responsabilité des habitants: "Ce n'est pas du ressort des habitants de faire régner la loi et l'ordre", tacle-t-il.

"La police a énormément de mal à intervenir"

Mais Maely, qui habite à Fréjus, comprend cette décision du président de l'agglomération: "Je vis ici depuis que je suis née et c'est un cauchemar", raconte-t-elle. "On a eu plusieurs maires et président d'agglomération mais aucun n'a réussi à faire quelque chose pour ce quartier. Tous les ans c'est la même chose, il y a des tirs sur la police, des tirs de mortiers, on est arrivé à bout", assure Maely.

"Ce n'est pas trois ou quatre gamins, c'est beaucoup plus, souvent les mêmes personnes et on n'arrive à ne rien faire. La police a énormément de mal à intervenir, c'est un quartier où il y a du trafic et des familles qui vivent au milieu", déplore-t-elle.

Le 28 novembre dernier, après des premiers débordements lors de la victoire du Maroc contre la Belgique, Frédéric Masquelier avait prévenu: "Il ne sera plus possible pour moi de poursuivre les efforts que je mets en œuvre dans ce quartier depuis plus d’un an maintenant avec la Communauté d’Agglomération Estérel Côte d’Azur si ce type de comportement devait se renouveler", avait-il assuré après la victoire des Lions de l'Atlas.

G.D