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Fuite de Salah Abdeslam : "On peut dire qu'il y a eu des failles", estime un journaliste de la RTBF

Sébastien Georis, journaliste à la cellule judiciaire à la RTBF, est revenu chez Jean-Jacques Bourdin ce jeudi, sur la fuite de Salah Abdeslam, l'un des acteurs clés des attentats du 13 novembre, qui aurait réussi à échapper à la police belge grâce à un déménagement organisé par des complices, selon la radio-télévision publique belge.

Salah Abdeslam est-il passé entre les mailles du filet tendu par la police belge ? C'est ce qu'affirme depuis mercredi soir la RTBF. Selon la télévision publique belge, l'homme, soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans les attentats de Paris et de Saint-Denis le 13 novembre, aurait profité de l'aide de complices et du droit belge.

Trois jours après les attentats, le 16 novembre, les forces spéciales d'intervention belges ont investi un appartement dans un immeuble de Molenbeek, ce quartier populaire de la banlieue de Bruxelles, pour tenter de mettre la main sur Salah Abdeslam. Mais il ne s'y trouvait pas. Selon la RTBF, les enquêteurs ont toutefois "détecté des traces de son passage lors de la perquisition". Pour la chaîne belge, ceci "amène à la conclusion que le suspect est parvenu à filer avant l'intervention des forces de l'ordre", alors que le bâtiment était surveillé par la police.

"Un déménagement organisé par des complices"

"L'une des hypothèses, celle qui est privilégiée par les enquêteurs, c'est que Salah Abdeslam a profité d'un déménagement organisé par des complices pour prendre la fuite", explique ce jeudi sur RMC Sébastien Georis, journaliste à la cellule judiciaire à la RTBF, la radio-télévision publique belge.

Est-ce pour autant un raté de la police belge ? Le ministre belge de la Justice, Koen Geens, a pointé du doigt mercredi soir la loi belge, "qui n'autorise pas les perquisitions de nuit, et cela a été un handicap important", précise Sébastien Georis. En Belgique, les forces de police n'ont en effet pas le droit de perquisitionner ou d'intervenir dans un logement entre 21h et 05h du matin. Abdeslam Salah a donc pu profiter de quelques heures de répit pour s'enfuir, à bord d'une voiture ou d'un camion, peut-être même dans un meuble, selon les hypothèses.

"Dans la loi belge, pas de perquisitions la nuit"

"On peut dire qu'il y a eu des failles", estime le journaliste de la RTBF, qui anticipe "des suites à cette affaire". "Plusieurs propositions ont été formulées par le gouvernement belge dans la foulée des attentats. L'une de ces propositions, c'est justement de pouvoir perquisitionner 24h sur 24 dans le cadre des dossiers liés au terrorisme (comme c'est le cas en France depuis l'instauration de l'état d'urgence, NDR), donc y compris la nuit entre 21h et 5h du matin. L'histoire de Salah Abdeslam qui n'a pas été intercepté appuie cette proposition et ce n'est sans doute pas un hasard sur le ministre de la justice est sorti du bois hier (mercredi)".

P. G. avec JJ. Bourdin et R. Barret