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"Il faut que la communauté musulmane montre sa force contre cette barbarie qui nous prend en otage", appelle l'imam Hassen Chalghoumi

Le président de la conférence des imams de France, Hassem Chalghoumi a demandé pardon à la famille de Samuel Paty et estime que "l'islamisme est une maladie de l'islam". Mais pour Ryan un auditeur de RMC, une telle rhétorique revient à rejeter la responsabilité des attentats sur tous les musulmans.

Les hommages se multiplient après l'assassinat de Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie décapité pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Samedi enseignants, élèves et parents étaient réunis devant le collège du Bois-d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine où enseignant la victime, avant un hommage national prévu mercredi. Et ce lundi, c'est Hassem Chalghoumi, l’imam de la mosquée de Drancy et président de la conférence des imams de France, qui s’est rendu devant l'établissement où il a demandé pardon à la famille de l'enseignant.

"C'est le minimum de demander pardon. On a tué au nom de l'islam ma religion. C'est le minimum de demander pardon. Il n'y a pas de fumée sans feu. Je suis fier d'appartenir à ce peuple-là, la France. Il y a eu plus de 280 victimes au nom de l'islamisme. Il faut que la communauté musulmane se relève, et montre son attachement à la République et sa force contre cette haine et cette barbarie qui nous prend otage et essaie de nous manipuler. Ces barbares ne représentent pas la foi musulmane", a-t-il lancé ce mardi sur le plateau de RMC.

"Cet acte n’a pas été commis au nom de l’islam mais au nom d’une idéologie raciste et terroriste"

Mais pour Ryan, un auditeur habitant Livry-Gargan, demander pardon au nom de l'Islam, c'est dire que tous les musulmans sont responsables des actes terroristes: "Je comprends la démarche de l’imam Chalghoumi qui veut faire preuve de compassion auprès de la famille de monsieur Paty et montrer le soutien des musulmans, mais implicitement c’est dire que les musulmans sont responsables de cet acte-là", avance-t-il.

"Personnellement et avec plusieurs de mes compatriotes musulmans français, on se désolidarise complètement, pour nous l’assaillant n’est même pas un musulman. Vous dites qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Pour moi vous allumez un autre feu. Vous faites ainsi croire que ce serait des musulmans responsables de cet acte-là. Cet acte n’a pas été commis au nom de l’islam mais au nom d’une idéologie raciste et terroriste", ajoute-t-il.

"L’islamisme c’est la maladie de l’islam!"

Hassem Chalghoumi estime au contraire que c'est justement cette ambiguïté qui entretien le flou: "Malheureusement ils sont des nôtres. Mohamed Merah était bien un des nôtres avant, avant qu’il passe à l’acte il s’appelait Mohamed et quand il passe à l’acte ce n’est plus un des nôtres? oui, on le dénonce mais l’islamisme c’est la maladie de l’islam ! Quand on ne reconnaît pas ça on ne peut pas avoir le vrai remède. Le salafisme et l’islam politique existent bien!", insiste-t-il.

Un hommage national sera rendu mercredi à Samuel Paty à La Sorbonne. Le choix du lien, en accord avec la famille de la victime, entend ainsi mettre à l'honneur la profession d'enseignant de la victime, au sein d'un "monument symbolique de l'esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France", invoque l'Elysée.

G.D.