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"Il me montre son arme pour me narguer": faut-il retirer le port d’armes à feu aux conjoints violents?

Pour enrayer les féminicides, Marlène Schiappa propose plusieurs pistes dans le cadre du Grenelle des violences conjugales, notamment la question du contrôle des armes à feu. Une question cruciale pour Sarah, dont l'ex-conjoint est policier.

Lorsque son conjoint lève la main sur elle en 2017, Sarah est résolue à porter plainte. Mais comme beaucoup de femmes dans sa situation, elle se heurte à un premier refus, dans une gendarmerie d'Ile-de-France. Deuxième tentative, deuxième difficulté: "J'ai tenté une deuxième fois, là on m'a dit de bien réfléchir et de repasser plus tard".

Sarah vit dans la crainte, car son désormais ex-conjoint est policier, donc armé. Au bout de trois mois, la jeune femme réussit finalement à faire enregistrer sa plainte pour violences conjugales et menaces de mort. Son ex-compagnon écope d'un simple rappel à la loi en janvier 2018. Et plus inquiétant encore pour elle, il n'est pas désarmé: "Il se vante, il me dit que tout ce que j'entreprends ne fonctionne pas et il me montre son arme. Il me nargue".

La jeune femme a déjà dû déménager trois fois, et vit dans l'angoisse. Elle a multiplié les signalements auprès de l'IGPN, la police des polices. Son ex-compagnon a fait l'objet a fait l'objet d'une procédure disciplinaire, il a même été rappelé à l'ordre par sa hiérarchie qui l'a "invité à adopter un comportement exemplaire en toutes circonstances".

"On est sur le qui-vive"

Insuffisant pour Sarah. Elle doit rester en lien avec lui pour leur fils de 4 ans qui passe certains week-end chez son père: "On fait attention à tout, on est sur le qui-vive. Typiquement le dimanche soir, quand on sait qu'on va le récupérer, on est parano, on ferme les volets, nos visages se crispent. On ne parle plus".

Chaque contact dans le cadre de la garde alternée est l'occasion de nouvelles menaces. Ses proches sont aussi pris à partie. Récemment, il a eu une altercation avec les parents de la jeune femme: "Mes parents qui le connaissent me disaient encore ce matin 'je pense que s'il avait eu son arme dans son sac, il l'aurait sortie'. Je pense qu'il peut aller plus loin".

Sarah espère désormais obtenir la garde exclusive de leur fils pour ne plus avoir aucun contact avec son ex compagnon. 

Marion Dubreuil et Paulina Benavente