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"Ils me demandent 8.100 euros pour le déplacer": un immense poteau Enedis menace une maison

Quand Frédéric a acheté sa maison et son terrain sur plan, un poteau électrique apparaissait mais semblait loin de l'habitation. En vérité, celui-ci est à un mètre seulement des murs et menace les futures chambres des enfants. Enedis lui demande 8.100 euros pour le déplacer.

Il y a six mois, Frédéric et son épouse mettent toutes leurs économies pour faire construire leur maison dans les Bouches-du-Rhône. Ils doivent s’y installer en juillet prochain, avec leurs deux enfants de 3 et 10 ans. Cette maison, ils l'ont achetée sur plan. Et sur le document qu'on leur a présenté, un poteau électrique apparaît sur le terrain mais il semble loin de l’habitation. Sauf qu’au lancement des travaux, c’est la douche froide: moins d’un mètre sépare le mur de la maison du poteau, qui est en partie dénudé pour creuser les fondations.

"C'est un poteau de 12 mètres. Le poids, je ne le connais pas mais à mon avis s'il tombe, il coupe la maison en deux. Il y a les chambres des enfants juste en-dessous, c'est une catastrophe. Enedis m'a dit qu'au niveau de la sécurité ce n'était pas top. Il me propose de le déplacer d'un mètre ce qui arrangerait la chose mais seulement ils me demandent 8200 euros pour le faire. C'est mon terrain privé, c'est leur poteau qui est sur mon terrain, c'est incompréhensible".

"Tout le monde a peur d'y toucher et de voir le poteau tomber"

Ce poteau, Enedis l’a installé en 1997. À l’époque, le terrain appartenait à la commune. En regardant les plans de plus près, on dirait même que le poteau était en fait sur la voirie. Et qu’il s’est retrouvé sur le terrain attenant quand la largeur de la rue a été raccourcie. D’ailleurs, le lampadaire qui le coiffe n’éclaire aujourd’hui plus la route car il est trop loin. On a donc a priori démêlé l’histoire, sauf qu’en attendant, Frédéric, lui, est coincé.

"J'ai contacté plusieurs entreprises pour voir s'ils me proposaient des solutions, personne ne m'a rien proposé. J'ai demandé à des terrassiers qui ne veulent pas carrément pas toucher aux fondations. Tout le monde a peur d'y toucher et de voir le poteau tomber. On est un petit peu dégoûté, on n'a pas le budget pour gérer ce problème", déplore Frédéric.

Pas de concession ou de convention de servitude existante

Selon la loi, pour exploiter un poteau électrique sur un terrain privé, Enedis doit disposer de ce que l’on appelle une concession ou une convention de servitude, obligatoirement inscrite dans le titre de propriété. Sauf qu’elle n’existe nulle part. Frédéric a demandé à son notaire, à la mairie : aucune mention n'apparaît. Si l’opérateur n’a pas le droit d’avoir un poteau sur ce terrain, c’est donc à lui de le retirer.

RMC a demandé directement à Enedis ce qu’il comptait faire. À ce stade, le gestionnaire n’a pas non plus trouvé trace d’une éventuelle concession pour le poteau et nous assure que le dossier de Frédéric est à l’étude. La direction régionale PACA s’est engagée à lui répondre dans les deux prochaines semaines.

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Amélie Rosique, Joanna Chabas et Elise Denjean