RMC

"Ils peuvent avoir tendance à se replier sur eux-mêmes": l'attentat de Nice ravive les blessures des victimes du 14 juillet 2016

Une attaque au couteau dans la basilique Notre Dame à Nice a fait trois morts jeudi. Les victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 dans la même ville ont une amère sensation de déjà-vu.

Un choc qui réveille des douleurs profondes. L’attentat au sein de la basilique Notre-Dame à Nice reste un choc pour beaucoup de Niçois. Il est autant plus difficile à vivre pour les victimes du 14 juillet 2016. Ceux qui étaient sur la promenade des anglais quand le camion fou a déboulé faisant 86 morts et de nombreux blessés.

Depuis 4 ans, les victimes tentent de se reconstruire et d’oublier ces images de terreur, mais cette nouvelle attaque en plein coeur de Nice, ravivent les souvenirs.

"On a envie de montrer qu'on est durs mais intérieurement on est blessés"

Patrick Prigent par exemple, a appris l’attaque de la basilique au téléphone par une amie située à proximité. Il lui intime l’ordre de fuir et de se réfugier dans un endroit sûr. Un sentiment de déjà vu.

"Ca nous rappelle ce qu'on a vécu, la souffrance, nous c'était un camion, d'autres les couteaux... Mais la barbarie est tellement violente. On a envie de montrer qu'on est durs mais intérieurement on est blessés. On a mis un pansement sur la blessure mais elle reste là en permanence"

Patrick a mis deux ans avant de se relever. Aider en grande partie par les membres de l’association "Nice for life", présents les uns pour les autres.

"On se téléphone pour ne pas passer à côté d'une personne qui pourrait sombrer en une journée. Il y en a qui sont en panique maintenant"

Certains ont déjà contacté la cellule de soutien mis en place par la ville de Nice. Julie Lorenzini est directrice de la prévention et de l’aide aux victimes.

"Ils peuvent avoir cette tendance à se replier sur eux, et se dire qu'ils ne veulent plus sortir. Il faut pouvoir dialoguer avec eux, ils ont besoin de se libérer. On prend le contact et on fait le suivi."

Les professionnels conseillent d’être aussi vigilant aux angoisses que pourraient ressentir les enfants. 

Kelly Vargin (avec J.A)