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Indre-et-Loire: un naturopathe incarcéré après trois décès lors de stages de jeûnes prolongés

Un naturopathe a été mis en examen et placé en détention provisoire pour homicide involontaire jeudi, après plusieurs décès survenus lors de stages de jeûnes prolongés.

"Une maladie qui ne peut être soignée par le jeûne ne peut être soignée par rien d'autre". Voilà ce qu'on peut lire sur le site, toujours en ligne, d'Eric Gandon, un autoproclamé naturopathe, placé en détention provisoire jeudi après plusieurs décès lors de stages de jeûnes organisés par cet homme de 58 ans.

Eric Gandon est mis en examen pour homicide involontaire, abus de faiblesse, mise en danger de la vie d'autrui et exercice illégal des professions de médecin et pharmacien.

Pendant plusieurs années, il a proposé des "cures" de jeûnes en Indre-et-Loire et en Vendée. Lors de ces stages, facturés jusqu'à 2.800 euros, les participants n'avaient le droit de manger aucun aliment solide, parfois pendant des semaines et sans suivi médical. Des conditions qui pourraient avoir été fatales à trois des stagiaires, dont deux personnes qui souffraient alors d'un cancer.

La mort en plein stage

À l'été 2021, une femme de 44 ans avait même été retrouvée morte sur le lieu de la formation. Malgré ce décès, les stages ont continué: 32.000 euros ont été saisis au domicile d'Eric Gandon.

Il y a deux mois, la Miviludes, l'observatoire gouvernemental du phénomène sectaire, alertait dans son rapport sur les dérives sectaires de ces stages. Près de 70% des saisines qu'elle a traité en 2021 concernent des pratiques comme la naturopathie.

Le fils d'Eric Gandon, âgé 25 ans, qui s'occupait de la chaine Youtube et aidait son père à encadrer ces stages, a également été mis en examen pour des chefs d'exercice illégal des professions de médecin et pharmacien.

Maryline Ottmann