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Je pensais mourir ici, sur le sol de mon journal”: témoigne Riss, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo

Les jours se suivent et les témoignages se ressemblent au procès des attentats de janvier 2015. Des récits bouleversants comme celui de Riss, directeur de Charlie Hebdo ou celui de Patrick Pelloux, ancien chroniqueur du magazine.

Les dessins mettant en scène le prophète Mahomet sont projetés sur l’écran. “Regrettez-vous d’avoir publié ces caricatures demande un avocat?” “Non”, tranche le directeur de la rédaction, “je ne veux pas vivre soumis aux fanatiques”. 

Riss évoque ensuite les menaces contre Charlie Hebdo, en 2011 l’incendie des locaux au cocktail molotov et une partie de l’équipe est placée sous protection “mais en 2015, on sentait la menace s’éloigner”, dit-il. Pourtant ce 7 janvier, Riss caché sous un bureau va être grièvement blessé à l’épaule. “Je pensais mourir ici, sur le sol de mon journal”, indique-t-il. Riss se justifie.

“Est-ce qu’un journal va disparaître sous les coups du terrorisme dans un pays comme la France? Non Charlie Hebdo devait continuer même amputé. L’amputation des vivants de leur esprit, de leur intelligence”, dit-il. 

Confiance en l'institution judiciaire

Pour l'urgentiste et ancien Chroniqueur de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux, il était essentiel de participer à ce procès même si l'émotion est très grande de se souvenir de tous ceux qui ont perdu la vie sous les balles des terroristes.

“C’est un moment qui est très compliqué parce qu’on se rappelle de nos amis qui ont été assassinés. De venir, c’est faire confiance à l’institution judiciaire, c’est faire confiance au fonctionnement de notre démocratie, de notre République. C’est pour ça que je suis là. Le terrorisme islamiste n’abattra jamais notre République et on sera toujours plus fort qu’eux”, assure le médecin.
Jean-Baptiste Bourgeon avec Guillaume Descours