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Jonathann Daval a menti pour se protéger mais était totalement conscient du mensonge qu'il a orchestré

Pour le psychologue Pascal Neveu, sur RMC, Jonathann Daval, qui a avoué le meurtre de sa compagne Alexia trois mois après les faits, a pu "rentrer dans son mensonge et y croire véritablement".

Trois mois après la découverte du corps calciné d’Alexia Daval, son mari Jonathan a avoué le meurtre. Comment a-t-il pu vivre durant trois mois avec cette culpabilité, notamment en ayant continué à côtoyer les parents de la victime et en ayant prononcé un discours lors d’une marche blanche.

Pour Pascal Neveu, psychanalyste et auteur de Mentir pour mieux vivre ensemble, autopsie du mensonge' Jonathann Daval, "peut s’inventer une histoire et même y croire à un moment donné". De plus, son émotion affichée lors de la marche blanche était "peut-être totalement sincère". Mais le spécialiste est formel: "Il a menti pour se protéger mais il est totalement conscient du mensonge qu'il a orchestré".

"Il sait qu'elle est décédée, mais il ne raconte pas à ce moment-là que c'est lui qui l'a tuée. Les émotions qu'il est en train de connaître à ce moment-là cachent totalement le fait que c'est lui qui l'a étranglé de ces propres mains. Il n'y a pas forcément de duplicité. Dans certaines histoires criminelles sordides, psychologiquement, on met en place des mécanismes de défense. Et lui, il n'a rien à perdre à ce moment-là, sinon c'est la prison à perpétuité. Et donc il peut inventer une histoire, y croire même à un moment donné, et duper tout le monde. C'est la spirale du mensonge. Il est resté près des proches, des enquêteurs pour contrôler. On contrôle la communication, on organise de manière à avoir toutes les petites informations qui vont nous permettre de masquer notre mensonge".

"Il a totalement orchestré son mensonge"

Sur RMC, Pascal Neveu analyse également l'attitude du jeune homme de 34 ans qui, depuis trois mois, réconfortait les parents d'Alexia Daval. Avant de finalement passer aux aveux.

"Par rapport aux autres, il ne peut plus perdre la face. Sinon il va décompenser totalement. C'est ce qu'il a fait en avouant son crime. Il est embourbé. Tous les grands menteurs disent 'J'ai craqué à un moment donné parce que je n'en pouvais plus'. Ca n'excuse rien".

Face à Jean-Jacques Bourdin, le psychanalyste confie que le plus difficile à comprendre reste la deuxième partie du crime.

"C'est plus inquiétant psychologiquement parlant. Il peut passer à l'acte à un moment donné, telle une cocotte minute: il explose, il l'étrangle. Mais effectivement, par la suite, il va l'habiller dans un jogging, il va également laisser un SMS à ses beaux-parents pour dire que son épouse va passer les voir l'après-midi. Donc, là, il est conscient de ce qui se passe. Il organise, il va totalement orchestrer son mensonge. Vous savez à quoi on reconnaît un psychopathe? C'est justement qu'on le découvre après l'acte. Avant, ils étaient très gentils. C'est bien après qu'on découvre la vérité. On se cache beaucoup derrière des masques. Le mensonge, il est là, derrière des regards, ce qu'on montre à l'autre, montrer qui on est ou qui on est pas". 
Jean-Jacques Bourdin avec G.D et X.A