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L'affaire Fillon, complot du pouvoir? "Les procureurs sont nommés par le pouvoir, le soupçon demeure"

Jacky Coulon, secrétaire national de l’Union syndicale des Magistrats (USM) invité ce jeudi de Bureau de Vote sur RMC, milite pour une réforme du statut des procureurs, trop liés selon lui au pouvoir politique en place.

L'affaire Fillon est-elle un complot du pouvoir? C'est en tout cas la (nouvelle) ligne de défense de François Fillon, qui a dénoncé mercredi "un coup d'Etat institutionnel" venu de "la gauche". C'est aussi la question posée ce jeudi dans Bureau de Vote à Jacky Coulon, secrétaire national de l’Union syndicale des Magistrats (USM). S'il est impossible de savoir qui a téléguidé cette affaire et d'où viennent les informations du Canard Enchaîné sur la rémunération de Penelope Fillon, il y a une chose dont il est sûr: l'indépendance du procureur de la République dans nos institutions n'est pas optimale, loin s'en faut.

"Depuis une loi du 25 juillet 2013, il est interdit au Garde des sceaux (ministre de la Justice) - donc au pouvoir politique -, de donner des instructions individuelles au procureur de la République, explique-t-il. Pour autant, peut-on dire qu'il n'y a aucun lien entre le pouvoir politique et les parquets? Non, puisque les procureurs sont nommés par le pouvoir politique".

"C'est le président, sur proposition du Garde des Sceaux qui nomme les procureurs de la République, qui sont sous l'autorité de ce dernier. C'est pourquoi l'USM réclame depuis longtemps une réforme du statut des magistrats du parquet pour l'aligner sur le statut des magistrats du siège - ceux qui prennent les décisions à l'issue des procès -, qui sont eux, réellement indépendants".

"Le soupçon disparaîtra quand…"

Jacky Coulon milite donc pour "les procureurs soient nommés par le Conseil supérieur de la magistrature, et que ce Conseil soit lui-même réformé puisqu'il est composé depuis 2008 majoritairement de personnalités désignées par le pouvoir politique". "Le soupçon demeure et il ne disparaîtra que lorsqu'il y aura cette réforme". Une réforme à laquelle François Hollande s'était engagé lors de la campagne présidentielle de 2012. Et qui n'a pas abouti.

P. Gril avec JJ. Bourdin