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L'appel au secours des juges pour enfants du tribunal de Bobigny

Dans une tribune, les magistrats estiment qu'ils sont devenus les juges "des mesures fictives".

Des délais de mise en oeuvre des mesures éducatives pour des mineurs vulnérables jusqu'à 1 an et demi... Les juges des enfants du tribunal de Bobigny ont publié lundi une tribune en forme d'appel au secours: 900 mineurs identifiés par la justice comme "vulnérables" attendent des mesures d'accompagnements déjà prononcées.

"Des enfants mal protégés, ce seront davantage d'adultes vulnérables, de drames humains, de personnes sans abri et dans l’incapacité de travailler", écrivent-ils. 

Quand il s'agit de placer un enfant en urgence, la justice a les moyens d'agir rapidement. Le problème, selon ces magistrats, est l'application des mesures prises avant ce dernier recours.

Ainsi, quand un mineur est en décrochage scolaire, par exemple, ou qu'il est violent que les parents sont dépassés, la justice peut prononcer des mesures dites éducatives: une consultation chez un psychologue ou un accompagnement avec un éducateur. Sauf qu'aujourd'hui, il faut attendre parfois plusieurs mois avant que ces mesures soient effectives, faute de personnels et de moyens, avec le risque qu'entre temps la situation se soit aggravée.

Le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis directement en charge de la mise en oeuvre de ces mesures partage ce constat. Son président Stéphane Troussel demande aujourd'hui à l'Etat de lui donner les moyens d'assurer ses missions. 

Marion Dubreuil et X.A