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L'attentat de Nice et le "défi" de l'indemnisation des victimes

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Les associations de victimes craignent que les personnes traumatisées, de par leur grand nombre et la difficulté qu'elles auront à prouver leur présence sur les lieux de l'attentat, soient privées d'indemnisation. C'est ce qu'a expliqué Michèle de Kerckhove, présidente de l’Inavem, ce lundi sur RMC.

Selon un bilan encore provisoire, l'attentat de Nice a fait 84 morts et au moins 204 blessés, dont 18 au pronostic vital engagé. Mais aussi un nombre incalculable de personnes potentiellement traumatisées par le carnage qui s'est déroulé sous leurs yeux, au soir du 14-Juillet sur une Promenade des Anglais bondée. De par leur nombre et la difficulté qu'elles auront à prouver leur présence sur les lieux de l'attentat, ces victimes vont-elles pouvoir être indemnisées?

"C'est un vrai défi", reconnaît Michèle de Kerckhove, présidente de l’Inavem, la fédération des associations d’aide aux victimes (qui regroupe 130 associations partout en France), ce lundi sur RMC.

La difficulté de prouver sa présence sur la scène de l'attentat

Toute la difficulté va résider dans le fait de pouvoir prouver que l'on se trouvait bien sur le lieu du massacre ce soir-là.

"Quand on était au mois de novembre, c'était plus simple: on avait les tickets de participation aux concerts, des tickets de consommation dans les restaurants, les bars", explique Michèle de Kerckhove. "Là, ça va plutôt être par recoupement, par témoignages de personnes qui étaient sur les lieux", précise l'avocate.

Samedi, la secrétaire d'Etat aux Victimes, Juliette Méadel a promis qu'elle veillerait à ce que "les victimes, qu'elles soient choquées ou qu'elles soient indirectes [les proches de victimes, ndlr] soient indemnisées" par le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et autres infractions (FGTI).

"Un choc psychologique" différent selon les gens

"Etre victime, c'est un état qui peut être différent selon les personnes. Chacune ressent différemment ce qu'elle a vécu, et a un choc psychologique plus ou moins lourd", explique Michèle de Kerckhove.

"Donc il y aura aussi des expertises qui permettront de déterminer d'abord si c'est crédible - de revendiquer l'état de victime - et ensuite s'il y a des conséquences psychologiques graves", détaille-t-elle.

Parmi les critiques répétées des victimes des attentats du 13 novembre, les délais trop longs dans leur première prise en charge. Se revendiquer victime d'un attentat peut se transformer en véritable parcours du combattant.

Se signaler au plus vite

C'est pourquoi, "il est essentiel de se signaler" au plus vite, insiste Michèle de Kerckhove.

"Il y a le numéro qui a été mis en place par la cellule interministérielle [01.43.17.56.46, ndlr], parce que nous avons besoin d'établir une liste, qui servira d'une part à l'enquête. Mais aussi à nous, associations, pour nous rapprocher des personnes et leur proposer notre assistance, pour pouvoir établir des dossiers", précise-t-elle.

Les premières indemnisations auront lieu "dès la fin de la semaine prochaine", a promis samedi la secrétaire d'Etat aux Victimes, Juliette Méadel.

C. P.