RMC

L'état d'urgence était en sommeil, changeons-le pour le durcir

Philippe Bas, sénateur Les Républicains souhaite un durcissement de l'état d'urgence.

Philippe Bas, sénateur Les Républicains souhaite un durcissement de l'état d'urgence. - -

Le Sénat, majoritairement à droite est prêt à voter une prolongation de l'état d'urgence. Mais les sénateurs Les Républicains comme Philippe Bas, sénateur de la Manche invité sur RMC mardi, entendent demander son durcissement.

Alors que l'état d'urgence devait prendre fin, le gouvernement va demander ce mardi à l'Assemblée nationale de le prolonger pour trois mois. Mais le Sénat, qui se réunira mercredi pourrait adopter un texte différent.

Philippe Bas, sénateur LR de la Manche estime en effet qu'après l'attentat de Nice le 14 juillet, l'état d'urgence actuel est obsolète. "L'état d'urgence était en quasi sommeil", déplore-t-il mardi sur RMC.

"Prendre des mesures plus énergiques"

Il souhaite que l'état d'urgence se poursuive si l'arsenal de mesures qui en découle est renforcé. "Oui à la prolongation de l'état d'urgence, à condition que ce soit vraiment utile et pour ça, changeons pour le durcir, pour pouvoir faire des choses plus fortes pour la sécurité", plaide-t-il. Pour lui, l'attentat de Nice démontre que l'état d'urgence ne suffit pas.

"On ne peut pas à la fois pleurer des morts que nous avons régulièrement depuis les attentats de Charlie Hebdo et ne pas prendre des mesures plus énergiques dans le cadre de l'état d'urgence et pour une durée illimitée", poursuit le sénateur de droite.

Avec son groupe, Philippe Bas entend formuler plusieurs propositions: "la possibilité d'interdire tous les regroupements dont la sécurité n'est pas garantie, la fouille de bagages, fouille de véhicules sans avoir besoin de justifier de circonstances particulières", énonce le sénateur.

"Il faut s'attendre au pire"

Face au caractère durable de la menace, les sénateurs et députés de droite veulent demander une reconduction de l'état d'urgence pour six mois et non pour trois comme va le demander le gouvernement. Pourtant, Philippe Bas le reconnaît, de telles mesures n'auraient pas forcément permis d'empêcher l'attentat de Nice.

"Mais pour demain et les mois qui viennent, nous devons avoir davantage de pouvoir pour faire face au danger. Maintenant il faut s'attendre au pire et pour prévenir le pire, il faut prendre des mesures. Il faut un état d'urgence digne de ce nom qui nous permette d'être efficaces", demande-t-il. 

Les deux assemblées devront néanmoins voter le texte en termes identiques. En cas de différence, le texte devra être arbitré en commission mixte paritaire. 

C. B