RMC

"La gendarmerie n’accueille plus de public": un maire dénonce "le désengagement de l’Etat"

Antoine Valentin, maire de Saint-Jeoire (Haute-Savoie, 3.500 habitants), qui avait parrainé Eric Zemmour pour l’élection présidentielle, dénonce dans ‘Apolline Matin’ ce jeudi sur RMC et RMC Story le "désengagement de l’Etat" dans les territoires ruraux pour la lutte contre la délinquance.

Une pression "plus faible" dans les territoires ruraux

"J’aimerais saluer le travail des gendarmes et des policiers municipaux qui œuvrent sur nos territoires dans des conditions souvent difficiles et qui ont justement à faire face à la fois à un ensauvagement global de la société, à l’arrivée de nouvelles typologies de délinquance dans nos territoires ruraux, et avec des moyens très limités et un appui de la réponse pénale qui est lui aussi extrêmement limitée. Dans ma commune, nous avons vu apparaitre il y a quelques années des dealeurs albanais, qui sont venus s’installer sur le territoire de notre village parce que la pression des forces de gendarmerie y est plus faible que dans certains quartiers de reconquête républicaine ou de zones urbaines. Dans ma commune, vous avez l’équivalent d’un gendarme pour 1.800-2.000 habitants. En région parisienne, les statistiques sont plutôt d’un policier pour 600 habitants. On a une pression des forces de l’ordre qui est bien moindre. La délinquance vient donc s’installer dans ces territoires où le vide existe."

Des policiers municipaux pour compenser le manque de gendarmes

"C’est plus qu’un recul, c’est un désengagement de l’Etat de nos territoires ruraux. On parle souvent des quartiers perdus de la République, mais j’aimerais parler des territoires perdus de la République, et ce sont souvent des territoires ruraux. Dans mon village, j’avais une gendarmerie depuis des années. Il y a dix ans, à la faveur d’un énième plan d’économies, elle a été regroupée avec une brigade voisine. La gendarmerie de mon village n’accueille plus de public. Il n’est plus possible d’aller déposer plainte facilement, il faut quitter le territoire, prendre sa voiture, aller à des dizaines de kilomètres. Pour pallier au manque de gendarmes, nous avons dû nous doter d’une police municipale de deux agents. C’est un fait extrêmement nouveau pour un petit village de 3.500 habitants, au fin fond de la Haute-Savoie, et qui génère des coûts qui sont non-négligeables et qui s’inscrivent dans la baisse de la dotation et du budget de notre commune."

La "réponse pénale" en question

"Les lois et les annonces ne changeront rien sur les effectifs. On n’a pas prévu de nous envoyer plus de gendarmes. Il faut se poser de la réponse pénale. Plus de la moitié des délinquants qui sortent de prison re-commettent un acte dans les deux ans. On a une difficulté à travailler en profondeur sur les questions de délinquance. Il y a quelques jours, la gendarmerie et la police municipale ont arrêté un dealer dans mon village. Après ses 24 heures de garde à vue, on l’a retrouvé là où on l’avait arrêté. Plus largement, il y a un manque de respect pour la vie et l’intégrité de nos gendarmes."

LP