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Larossi Abballa, un "jeune ordinaire" qui dissimulait sa radicalisation selon son entourage

Larossi Abballa n'avait selon son entourage plus donné signe de radicalisation depuis sa sortie de prison.

Larossi Abballa n'avait selon son entourage plus donné signe de radicalisation depuis sa sortie de prison. - -

TÉMOIGNAGES - Depuis sa condamnation en 2013, Larossi Abballa, le tueur des policiers de Magnanville faisait profil bas. Il était devenu professionnel de la dissimulation, son entourage décrit un jeune homme calme et serviable.

Petit délinquant de droit commun radicalisé, Larossi Abballa a réussi à tromper son entourage. Depuis sa condamnation en septembre 2013 pour participation à une filière jihadiste, le jeune homme de 25 ans avait semble-t-il changé d'attitude. Saber, un copain d'enfance avec qui il avait grandi à la Cité Chopin aux Mureaux se souvient d'une adolescence délinquante entre vols et violences mais rien ne permettait selon lui d'imaginer qu'il pourrait commettre un acte au nom de l'Etat islamique.

"Il était là il y a trois semaines, s'étonne-t-il encore. Depuis qu'il est sorti de prison il n'avait plus aucun signe. C'était juste la barbe qui rappelait qu'il était musulman. C'est un mec toujours souriant qui rigole, même quand on plaisance sur ce qu'on peut dire sur la religion."

Même choc pour Lila, la maman d'un autre ami d'enfance. Elle a connu Larossi Abballa tout petit et n'imaginait pas qu'il puisse tuer des policiers. "Je pense qu'il a dû être entraîné par un groupe parce qu'il était gentil, il était brave, il aidait. C'était un enfant adorable dans le temps. Je l'ai aimé. C'était un gosse qui était gentil avec tout le monde", se souvient cette mère de famille.

"Un jeune ordinaire"

Il y a trois ans, le jeune homme avait emménagé à Mantes-la-Jolie dans une résidence HLM avec ses parents. Ces derniers mois, il avait monté son entreprise de restauration avec livraison nocturne. Dans le quartier, il était discret, y compris à la mosquée. Depuis le départ de ses parents au Maroc il y a quelques semaines, il s'y faisait plus rare. Pourtant, quelques heures avant de commettre son crime il était venu prier.

"Comme il était le dernier à lire le Coran, j'ai pris les clés et je lui ai dit 'on ferme', raconte Mohamed Droussi, responsable de la salle de prière. C'était un jeune ordinaire, calme. Pour nous il n'y avait aucun signe qui montrait qu'il était radicalisé."

Pourtant depuis février dernier, les autorités s'intéressaient de nouveau à lui dans le cadre d'une enquête judiciaire sur une filière de départs en Syrie. Sur écoute, rien n'avait cependant permis de "déceler la préparation d'un passage à l'acte violent", a souligné mardi le procureur de Paris. Lors de son passage à l'acte lundi, il a revendiqué avoir fait allégeance au groupe Etat islamique.

C. B avec Marion Dubreuil