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Les conditions de travail "déplorables" des forces de l'ordre dénoncées dans un rapport parlementaire

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Les forces de l'ordre travailleraient dans des conditions "déplorables". C'est le constat alarmant d'un rapport parlementaire, mené par Christophe Naegelen (UDI-Agir) et Jean-Michel Fauvergue (LREM), ancien patron du Raid.

Des locaux "indignes", un parc automobile "vieillissant" et un "sentiment d'abandon" source de "frustration": une commission d'enquête dénonce la situation "dégradée" des forces de l'ordre, dans un rapport révélé mardi par Le Figaro.

Les deux auteurs, Christophe Naegelen (UDI-Agir) et Jean-Michel Fauvergue (LREM), ancien patron du Raid, décrivent des casernes et des commissariats à l'abandon. Au commissariat de Fontainebleau par exemple, un mur effondré, des chutes de pierre et des plafonds qui menacent de s'écrouler.

Deux casques pour quinze gendarmes

Et comme les dépenses d'équipements baissent (-2,6% en 2018), le matériel vient à manquer et les agents se retrouvent mal protégés. Dans une gendarmerie de Seine-et-Marne, quinze militaire se partagent deux casques, deux gilets lourds et un seul lanceur de balle de défense.

Le rapport pointe aussi des véhicules "vétustes" : 45 ans d'âge, en moyenne, pour les véhicules blindés à roues, placés autour de l'Arc de triomphe pendant les manifestations de gilets jaunes.

En parallèle de ce manque de moyens les forces de l'ordre se retrouvent à gérer de plus en plus de tâches administratives, qui ne font pas partie de leur cœur de métier comme les procurations électorales. Les rapporteurs demandent aux pouvoirs publics "une réforme profonde" car pour eux la situation est "critique".

80% des casernes domaniales de la gendarmerie ont plus de 50 ans

Outre les traditionnelles auditions, dont celle du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, Christophe Naegelen a lancé en juin une consultation à laquelle ont répondu 13.735 gendarmes, policiers nationaux et municipaux, et réservistes. 60% des gendarmes ont ainsi déclaré ne pas être satisfaits de l'état de leur logement. "Nombreux parmi les femmes et les hommes qui servent dans la police ou la gendarmerie travaillent dans des conditions déplorables, générées notamment par la vétusté des bâtiments", dénonce Jean-Michel Fauvergue, constatant "un sentiment d'abandon".

Selon une étude de 2017, citée par le rapport, la direction générale de la police nationale comptabilisait 22% d'immeubles vétustes et 28 % pour la préfecture de police. La situation n'est pas plus enviable pour les casernes domaniales de la gendarmerie dont 80% ont plus de 50 ans.

Martin Cadoret (avec AFP)