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Minute de silence dans les écoles: "J'avais l'impression que les élèves étaient assez touchés"

Aucun débordement à signaler au cours de la minute de silence

Aucun débordement à signaler au cours de la minute de silence - PASCAL PAVANI / AFP

REPORTAGE - Rassurer, expliquer, organiser une minute de silence, l'école s'est mobilisée pour accueillir ce lundi des élèves parfois choqués ou désorientés par la masse d'informations ou de rumeurs liées aux attentats du début du week-end. Exemple dans certains collèges et lycées de Nantes.

Au début de l'année, les attentats contre Charlie Hebdo avaient provoqué des remous dans de nombreuses écoles. Au moins 200 incidents avaient eu lieu pendant la minute de silence en mémoire des victimes. Alors ce lundi, alors que tous les établissements scolaires respectaient une nouvelle minute de silence en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre, comment les élèves allaient-ils réagir? Allait-il y avoir de nouveau des débordements?

"Certains élèves pleuraient"

La réponse est non à en croire le principal syndicat de chefs d’établissement (SNPDEN) qui assure "ne pas avoir eu de remontées d’incidents" liés à cette minute de silence. Exemple au collège la Noë Lambert de Nantes où tous les élèves ont respecté la minute de silence. Toute la journée a même été plutôt morose pour Enzo, élève de 6ème: "C'est un peu calme, même à la cantine. Certains élèves pleuraient parce qu'un de mes camarades de classe a perdu sa grand-mère. Elle était dans le bar quand ça s'est passé".

Les élèves avaient auparavant parlé des attentats avec leur professeur de français, Jean Baptiste: "J'ai surtout répondu aux questions en fait. Pourquoi on ne peut pas empêcher ça? Pourquoi on n'arme pas mieux la police en France? Pourquoi Paris?... Et même nous en tant qu'adultes, on a dû mal à répondre à certaines questions. Je n'ai pas réponse à tout donc quand je ne sais pas, je leur dis. Il faut faire preuve d'honnêteté. Et je leur ai expliqué que si quelqu'un affirmait tout savoir, c'était louche parce qu'il y a pas mal de choses que l'on ignore".

"J'ai changé ma façon de travailler"

"Je leur ai aussi dit d'aller chercher des informations, d'être critique, de se poser des questions, de réfléchir… On est aussi là pour leur apprendre à faire le tri dans tout ce que l'on peut trouver", ajoute-t-il. Frédéric, prof de biologie en terminale S au lycée Clémenceau, n’a, pour sa part, pas voulu parler des attentats. Mais il a modifié son cours pour l'occasion. "J'ai fait des choses plus légères. J'ai changé ma façon de travailler", confirme-t-il.

"J'ai notamment passé plus de vidéos, explique-t-il. C'est moi qui n'étais pas non plus très dispo. Je n'étais pas spécialement en forme. J'avais aussi l'impression que les élèves étaient assez touchés". Autre changement ce lundi dans le lycée Clémenceau, la sonnerie n'est plus la même: à chaque heure, c’est Imagine de John Lennon qui a résonné dans la cour de récréation.

Maxime Ricard avec Amandine Dubiez