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Moi, Ahmed, voisin des terroristes, blessé pendant l'assaut de Saint-Denis et menacé d'expulsion

Ahmed, blessé par balle pendant l'assaut à Saint-Denis

Ahmed, blessé par balle pendant l'assaut à Saint-Denis - Marion Dubreuil

TEMOIGNAGE - Ahmed, 63 ans, a reçu une balle dans le bras lors de l'assaut de la police à Saint-Denis, mercredi 18 novembre à l'aube. Cet Egyptien habitait le même palier que l'appartement où se trouvaient les terroristes. Mais, faute de papiers, il est aujourd'hui menacé d'expulsion.

Le sort s'acharne sur Ahmed. Voisin de palier des terroristes de Saint-Denis, cet Egyptien de 63 ans a déjà vécu l'enfer mercredi 18 novembre, lors de l'assaut des forces de l'ordre. Mais contrairement aux autres voisins, lorsque les premières détonations retentissent, il n'est pas exfiltré (il ne le sera que plusieurs heures après, ndlr). En conséquence, au cours des échanges de tirs, Ahmed reçoit une balle dans la main. Hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière, il subit une garde à vue de 48 heures avant d'être innocenté.

"J'ai crié au secours"

"Après la première bombe, les coups de feu venaient de partout... De la porte, de la fenêtre, d'en dessous… J'ai crié au secours... Mais quand je suis sorti les policiers m'ont dit de rentrer chez moi", se souvient-il aujourd'hui les yeux cernés, la voix enrouée et le bras en écharpe. "Je pleurais, je les suppliais: 'Je suis Egyptien, aidez-moi !' Après plusieurs heures ils m'ont dit d'aller à la fenêtre les bras levés. Mais à ce moment-là, un policier m'a tiré sur la main. Si la police m'avait fait sortir dès la première détonation je ne serais pas dans cet état", estime-t-il encore.

"C'est honteux"

Mais ses déboires ne s'arrêtent pas là. En effet, Ahmed est sans-papier. Il vit sur le sol français depuis plus de neuf ans. Mais, alors qu'il était sur le point de faire une demande de naturalisation, il a reçu suite à sa garde à vue une lettre l'obligeant à quitter le territoire. Ce qui provoque la colère de son avocat, maître Karim Morand-Lahouazi: "Alors qu'il est une victime collatérale, se débarrasser de lui en l'expulsant immédiatement sur un lit d'hôpital suite à une blessure par balle, c'est honteux".

M.R avec Marion Dubreuil