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Mort d'Yvan Colonna: pourquoi les surveillants de la prison d'Arles appellent au blocage

Les surveillants de la prison d'Arles appellent au blocage de l'établissement après la mise en cause de l'un d'eux, accusé par l'Inspection générale de la justice d'avoir failli à son travail, après l'agression d'Yvan Colonna. Le 2 mars dernier, le terroriste corse avait été violemment agressé par un autre détenu dans l'enceinte de la prison, sans que les surveillants pénitentiaires n'interviennent.

Les syndicats pénitentiaires appellent au blocage de la prison centrale d'Arles, jeudi matin dès 6h. Ils entendent protester contre les procédures disciplinaires annoncées contre un surveillant de l'établissement après la remise d'un rapport sur l'assassinat d'Yvan Colonna, le terroriste corse violemment agressé par un autre détenu à la prison d'Arles le 2 mars 2022 et mort le 19 jours plus tard.

Les surveillants pénitentiaires estiment que les fautes ont en réalité été commises par l'administration pénitentiaire dans son ensemble.

"Ceux qui sont en bas ramassent"

Pour Cyril Huet-Lambing, représentant national adjoint du syndicat pénitentiaire des surveillants en charge de la région Paca et la Corse, le surveillant mis en cause est un "bouc-émissaire" dans une affaire "éminemment politique": "C’est politique. C’est histoire de trouver un coupable. On va incriminer un surveillant qui n’a rien à voir alors que les vrais responsables qui sont plus haut, il n’y a pas de problème", assure-t-il à RMC.

"C’est le parapluie, c’est notre administration. On sort le parapluie et ceux qui sont en bas ramassent. Les surveillants doivent manifester leur mécontentement et leur soutien envers leurs collègues", appelle le syndicaliste.

Et d’ajouter : "Les blocages de prison, on sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça finit"

"Net défaut de vigilance"

Selon le rapport de l'Inspection général de la justice (IGJ), le surveillant chargé de l'aile où se trouvait Yvan Colonna, qui purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, a fait preuve d'un "net défaut de vigilance" en restant "sans aucun motif éloigné" du lieu des faits, qui ont duré neuf minutes.

"On avait à faire à un détenu radicalisé, connu pour des violences qui n'avait strictement rien à faire chez nous. Il n'est pas passé par le quartier d'évaluation de radicalisation et on l'a descendu du quartier d'isolement à la volonté du chef d'établissement et avec l'accord de la direction interrégionale parce qu'il ne présentait plus de risque, selon eux. On en paye aujourd'hui les conséquences", a dénoncé auprès de l'AFP Thomas Forner, délégué Ufap-Unsa justice à la maison centrale d'Arles.

A la prison d'Arles, "il y a un rez-de-chaussée avec deux ailes, il ne pouvait pas être au four et au moulin. il était sur son secteur, pas parti se promener. La note de service l'oblige à faire des rondes régulières mais ne spécifie pas le temps durant lequel il doit s'absenter ou non", ajoute Thomas Forner.

G.D. avec AFP