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Nice: "Il régnait un tel chaos que même la police ne savait pas quoi nous dire"

Au moins 84 personnes sont mortes à Nice jeudi soir.

Au moins 84 personnes sont mortes à Nice jeudi soir. - Valery Hache - AFP

Faïza, une étudiante est arrivée sur la Promenade des Anglais à Nice quelques minutes après le passage du camion qui a fait au moins 84 morts jeudi soir. Choquée, elle a raconté à RMC l'incompréhension qui régnait sur place et la détresse des Niçois à la recherche de leurs proches.

Faïza a la gorge nouée lorsqu'elle raconte son récit. Cette jeune étudiante est arrivée en voiture près de la Promenade des Anglais peu de temps après le passage du camion, elle n'avait alors aucune idée de ce qui venait de se passer.

"Je suis arrivée juste après le massacré, il s'est passé deux bonnes heures avant que les voies de circulation soient bloquées. Je ne savais pas ce qui se passé, j'avais reçu quelques messages disant qu'il y avait eu des accidents sur la promenade, sans penser du tout à un attentat", explique-t-elle.

"Plus on avançait, plus il y avait des cadavres"

Elle finit par s'arrêter après avoir aperçu un ami. "J'ai voulu le saluer. Il m'a fait signe du doigt, il m'a montré le sol. Quand j'ai regardé le sol, il y avait sa maman qui était décédée", poursuit-elle. Faïza se trouvait alors au niveau de l'hôpital Lenval, qui correspond selon plusieurs témoins au début de la course folle du camion. "Plus on avançait, plus il y avait de cadavres", explique-t-elle.

Faïza décrit alors la détresse des Niçois sur place et l'incompréhension en attendant les secours.

"Il y avait des cadavres partout, il s'est passé des minutes interminables avant que les corps soient recouverts. Il régnait un tel chaos que même la police et les pompiers ne savaient pas quoi nous dire", se souvient-elle.

"Des poupées sans enfants"

Elle raconte également le désespoir des spectateurs du feu d'artifice, errant à la recherche de leurs proches.

"Il y en avait qui soulevaient les draps pour regarder s'ils connaissaient des victimes. Ils cherchaient leurs familles. Il y avait des enfants qui étaient tout seul, qui avaient perdu leurs parents. Il y avait des poupées, dont on se demande où étaient les enfants... C'était l'horreur."

Faïza a fini par se réfugier avec d'autres personnes présentes à l'hôtel Negresco, sous la consigne des policiers. Choquée, elle reste marquée par le silence qui régnait après l'attaque, contraste après les scènes de panique quelques minutes plus tôt: "une heure après il n'y avait plus rien dans Nice, il n'y avait plus un bruit".

C. B