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Ocean Viking: 26 des 44 migrants mineurs pris en charge ont fugué

Le navire Ocean Viking de l'ONG "SOS Mediterranée" arrive au port de Toulon, le 11 novembre 2022 dans le sud de la France

Le navire Ocean Viking de l'ONG "SOS Mediterranée" arrive au port de Toulon, le 11 novembre 2022 dans le sud de la France - CHRISTOPHE SIMON © 2019 AFP

Parmi les 234 migrants du navire humanitaire Ocean Viking pris en charge, 44 mineurs ont été conduits dans un lieu d'accueil spécifique, mais 26 d'entre eux ont depuis pris la fuite.

Après leur débarquement dans le port militaire de Toulon, la grande majorité (190) des 234 rescapés de l'Ocean Viking ont été placés dans un centre de vacances de la presqu'île de Giens, dans le Var, transformé en "zone d'attente internationale" fermée.

Les 44 autres migrants, identifiés comme mineurs, ont été redirigés vers un hôtel réquisitionné et agréé par l'Aide sociale à l'enfance et le conseil départemental de Toulon. Mais à ce jour, ils ne sont plus que 18, les 26 autres - principalement Erythréens - ayant pris la fuite, a appris BFMTV de source proche du dossier, confirmant une information du Figaro.

"3 des 44 mineurs avaient déjà fugué dès le lendemain et le surlendemain de leur prise en charge. Ce jeudi matin, cela fait 23 mineurs de plus qui manquent à l'appel, pour un total de 26 défections", précise à nos confrères le président LR du Conseil départemental du Var, Jean-Louis Masson.

Et d'ajouter: "Ces grands adolescents sont évidemment entrés dans l'illégalité" en agissant de la sorte. Les mineurs non-accompagnés n'avaient en effet pas le droit de sortir de l'hôtel, où ils étaient encadrés par des éducateurs.

Un "phénomène fréquent"

Le parquet du Var précise que ces mineurs non accompagnés "font l'objet à leur arrivée sur le territoire national d'une procédure dite de mise à l'abri, ils sont pris en charge par le conseil départemental". C'est pendant ce laps de temps que certains ont pris la fuite, un "phénomène fréquent pour de multiples raisons: liens familiaux dans un autre pays d'Europe par exemple", précise le procureur Samuel Finielz dans un communiqué de presse.

En effet, "la mise à l'abri est une phase de protection de l'enfance qui ne peut correspondre à un enfermement", souligne-t-il.

44 demandes d'asiles refusées

Depuis l'accueil en France de ces 234 rescapés, le ministre de l'Intérieur a indiqué que 44 s'étaient vu opposer un refus à leur demande d'asile et "allaient être reconduits" dans leur pays. Gérald Darmanin a laissé entendre que d'autres personnes pourraient être concernées lorsque tous les profils auront été étudiés.

"J'ai déjà pris (...) contact dès lundi avec mes homologues étrangers pour que ces reconduites à la frontière puissent se faire dans les temps les plus courts possibles", a-t-il ajouté, espérant que ces refoulements seront réalisés d'ici la fermeture de la zone d'attente, "dans une vingtaine de jours".

Maxime Brandsaetter avec AL