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"On est déjà assez malheureux avec tout ce qui nous arrive": le dépit d'un cafetier vandalisé par des casseurs

Le propriétaire du Café des Phares place de la Bastille à Paris n'a pu que constater avec lassitude les dégâts après des affrontements entre casseurs et forces de l'ordre samedi.

Une marche pacifique et quelques débordements en fin de cortège. En marge de la Marche des libertés à Paris, quelques éléments masqués ont causé des échauffourées en fin de journée samedi. Les forces de l’ordre ont fait usage de lacrymogènes et quelques dégradations ont été commises. Des barricades ont été formées, un kiosque à journaux, une brasserie et une façade de la Banque de France ont également été brûlés.

37 policiers et gendarmes ont été blessés, selon Gérald Darmanin. Le ministre de l'Intérieur qui a condamné samedi soir dans un message posté sur Twitter "des violences inacceptables contre les forces de l'ordre". 

81 personnes ont été interpellées à Paris et en région. 27 personnes placées en garde à vue, selon le parquet de Paris.

Un photographe syrien a également été blessé au visage par un coup de matraque. La photo de son visage tuméfié a été relayé de nombreuses fois sur les réseaux sociaux. Âgé de 24 ans il couvrait la manifestation à titre indépendant. Reporters sans frontières a dénoncé samedi des violences policières "inacceptables". 

"En tant que propriétaire de café on est écoeuré"

Patrick Ranger est propriétaire du "Café des phares" tout près de la place de la Bastille, dans le 4e arrondissement de Paris. Son établissement a été, en partie, détruit par les flammes. Entre fermeture administrative et dégradations dues à quelques manifestants violents, il est écœuré. 

"Ce sont des voyous qui s'amusent à casser les commerces. On est déjà assez malheureux avec tout ce qui nous arrive et ils nous en rajoutent. S'il n'y avait pas eu les CRS et la police ça aurait pu être pire. Ils seraient rentrés partout, dans la banque de France, ils auraient tout pillé, on est passé à un doigt de la catastrophe.
Quand vous êtes sous le choc vous ne pouvez pas tout voir ce qui manque, mais le store, les bacs, les baies vitrées, les chaises, les tables... En tant que propriétaire de café on est écoeuré."
Claire Checcaglini (avec J.A.)