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"On ne se fait pas justice soi-même": l’appel du procureur de Roanne avant le procès du père vengeur

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, le procureur de Roanne Abdelkrim Grini appelle à laisser la justice faire son travail, alors qu’un père de famille est jugé pour s’en être pris à l’agresseur présumé de sa petite fille.

Un papa "vengeur" devant la justice. Le tribunal correctionnel de Roanne se penche ce mardi sur le cas de ce père de famille et ses trois amis qui s'étaient fait justice eux-mêmes en octobre dernier. Ils avaient violemment tabassé un mineur isolé de 16 ans, accusé d'avoir agressé sexuellement une petite fille de 6 ans la veille. Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, le procureur de Roanne Abdelkrim Grini rappelle qu’"en France, on ne se fait pas justice soi-même". "C’est l’institution judiciaire qui mène les investigations, qui inculpe, qui met en examen, qui défère devant les tribunaux, et qui ensuite, lorsqu’il y a des éléments à charge, condamne les personnes. Il n’appartient pas à chaque citoyen de se faire justice lui-même. C’est un modèle de société que ne nous devons pas accepter", souligne-t-il.

"Nous vivons dans un Etat de droit, ajoute le procureur de Roanne. Il faut le laisser exercer ses prérogatives. L’institution judiciaire a une mission. Il lui appartient de rendre justice. Il n’appartient pas à chaque citoyen de se rendre justice lui-même."

L’agresseur présumé en détention provisoire

Abdelkrim Grini assure que les services de police et de justice se sont immédiatement saisis de cette affaire, cette nuit-là. "Nous sommes informés des faits à 3h du matin et dès 3h du matin, nous avons commencé à travailler. Ce qui est certain, c’est qu’une fillette dormait dans sa chambre. Elle aurait été agressée par l’individu en question, qui a pris la fuite. Et le père de famille et ses trois amis vont ensuite dans les rues de Roanne effectuer une véritable chasse à l’homme. Ils retrouvent l’individu en question le lendemain et vont se déchainer et commettre des faits de violence sur lui. Dès que les faits ont été portés à sa connaissance, la police a commencé à travailler. Elle a immédiatement informé le parquet de Roanne, qui a immédiatement pris cette affaire avec mesure, gravité et responsabilité, et a donné toutes les instructions et toutes les directives nécessaires pour mener à bien les investigations."

Le mineur isolé de 16 ans, accusé de l’agression sexuelle sur la petite fille, se trouve lui en détention provisoire, avant d’être jugé. "Dès son interpellation, il a été placé en garde à vue, après avoir été conduit à l’hôpital pendant quelques heures pour être soigné de ses blessures, indique le procureur de Roanne. Il a été déféré au parquet, présenté au juge d’instruction, mis en examen conformément aux réquisitions du parquet, et placé en détention provisoire, toujours conformément aux réquisitions du parquet. Ce mineur isolé est en détention depuis trois mois. Il sera jugé dans quelques semaines ou quelques mois, puisqu’une information judiciaire a été ouverte et qu’elle est toujours en cours. Le juge d’instruction continue de travailler pour élucider cette affaire."

LP