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Ouverture du procès de Bilal Taghi, premier terroriste auteur d'un attentat en prison

Il avait tenté de tuer deux surveillants pénitentiaires dans la prison d'Osny en 2016.

Jusqu'à vendredi, s'ouvre aux Assises Spéciales à la cour d'appel de Paris le procès de Bilal Taghi. Cet homme de 27 ans avait tenté d'assassiner, avec un couteau artisanal, deux surveillants pénitentiaires à la prison d'Osny dans le Val d'Oise, le 4 septembre 2016. Il comparaît pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Il avait tracé un cœur avec le sang de l'un des surveillants. Âgé de 24 ans au moment des faits, il purgeait une peine de 5 ans de prison pour avoir tenté de rejoindre la Syrie avec femme et enfant, en 2015, après les attentats de Charlie Hebdo. Cet attentat est considéré comme le premier attentat terroriste en prison, il a marqué un tournant dans la prise en charge des détenus radicalisés.

Création des quartiers d'évaluation de la radicalisation

"Un très gros traumatisme", se souvient une source pénitentiaire. À l'époque vient cette question: "comment faire pour que ça ne se reproduise pas?". Premier constat, "on pensait connaître Bilal Taghi, mais on ne le connaissait pas". Sans avoir été évalué, il est classé "bas du spectre", peu dangereux.

Il est dans une "unité dédiée", où sont regroupés les détenus emprisonnés pour des faits de terrorisme, où les plus prosélytes côtoient les plus fragiles. Après l'attentat, ces unités ferment, et les quartiers d'évaluation de la radicalisation ouvrent: l'évaluation de leur dangerosité devient systématique. Ils sont ensuite répartis, soit à l'isolement, soit en détention classique, soit dans des quartiers où ils sont pris en charge, et seuls en cellule. Une source pénitentiaire résume: "on a compris que le niveau de dangerosité n'était pas proportionnel au pourquoi de l'incarcération".

Gwladys Laffitte avec Guillaume Descours