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Paris: un policier soupçonné d'adhérer à l'idéologie de Daesh face à la justice

Un ancien gardien de la paix du Kremlin-Bicêtre comparaît ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, aux côtés de 3 autres prévenus. Il a été mis en examen il y a deux ans pour association de malfaiteurs et escroquerie en lien avec une entreprise terroriste.

Un ancien policier du Kremlin-Bicêtre est jugé à partir de ce mardi devant le tribunal correctionnel de Paris avec trois autres prévenus. Ils sont jugés pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme.

Ce policier de la brigade des accidents et délits routiers, radié depuis, est aussi accusé d’avoir consulté des fichiers de polices et d'avoir utilisé de faux papiers d'identité pour tenter de récupérer des colis. Il a été mis en examen il y a deux ans.

En 2016, le policier regarde des vidéos de l'Etat Islamique, est abonné à des profils jihadistes sur Twitter. Un intérêt partagé avec son frère, qui, lui, est en contact avec au moins un jihadiste français sur zone irako-syrienne. Pour les juges d'instruction, les échanges entre les deux frères démontrent que le policier de 47 ans aujourd'hui, adhère à l'Etat islamique.

Il assure être sorti de cet état d'esprit

Des messages dans lesquels il cautionne notamment l'attentat de Magnanville en juin 2016, qui tuait un couple de policier. "Une réaction à chaud", se défend le prévenu, guidé par "la colère" dans "une période difficile". Sa situation financière délicate l'aurait aussi poussé à vouloir commettre des escroqueries grâce à des cartes d'identité falsifiées. Enfin, face aux juges d'instruction le policer explique qu'il est allé trop loin, qu'il voulait seulement comprendre son frère, il assure être sorti de cet état d'esprit aujourd'hui.

Son avocat, Me Gabriel Duménil, assure que l'homme a très envie de s'expliquer et a évolué deux ans après sa mise en examen:

"Il est très concentré, très stressé. Ca fait plus de deux ans qu'il attend ce procès. Il a envie d'expliquer les raisons qui l'ont conduit à adhérer à un certain nombre de thèses plus ou moins radicales. Il a envie d'expliquer son cheminement. Ce n'est pas un policier qu'on juge au tribunal correctionnel, c'est un citoyen qui a fait un travail d'introspection assez extraordinaire. A l'époque, il était tout à la fois: un bon policier, un bon père de famille et il a pu avoir un discours extrêmement dérangeant. Il met cette ambivalence en avant et il peut l'expliquer".

Le procès doit durer jusqu'au 27 juin.

Gwladys Laffitte