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Peine fortement réduite en appel pour "Bylka", policier de la BAC de Paris poursuivi pour avoir racketté des dealers

Palais de justice de Paris

Palais de justice de Paris - Wally Gobetz / Flickr

En première instance, il avait été reconnu coupable d'avoir fait souscrire une "assurance" à des dealers du quartier populaire de la Goutte d'Or, accordant sa protection à certains en les laissant travailler, moyennant contrepartie.

Un policier de la Brigade anti-criminalité du XVIIIe arrondissement de Paris, poursuivi notamment pour avoir racketté des dealers, a été relaxé d'une grande partie des faits en appel, se voyant infliger deux ans ferme contre huit en première instance, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Karim M., un brigadier surnommé "Bylka", avait été lourdement condamné en février par le tribunal, au côté de cinq de ses anciens collègues, qui s'étaient vu infliger des peines allant du sursis à un an ferme. Chef informel de l'équipe, il avait été reconnu coupable d'avoir fait souscrire une "assurance" à des dealers du quartier populaire de la Goutte d'Or, accordant sa protection à certains en les laissant travailler, moyennant contrepartie.

Mais après un deuxième procès en mai, la cour d'appel a largement infirmé le 18 juin le jugement en le relaxant des infractions de "corruption" et "trafic de stupéfiants". Karim M. a été aussi relaxé pour le vol de 1.200 euros à un suspect, mais condamné pour celui d'environ 500 euros à un autre ainsi que pour faux en écriture et blanchiment de fraude fiscale.

Interdiction définitive d'exercer dans la fonction publique

En détention provisoire depuis 2019, il a été remis en liberté après cette décision mais il est définitivement interdit d'exercer une fonction publique. Son avocat Patrick Maisonneuve s'est réjoui de cette "infirmation très nette" du jugement, se disant "tout à fait satisfait" que son client soit "déclaré innocent" des "faits les plus graves". 

Aaron B., considéré comme l'adjoint de "Bylka" et rejugé à son côté, a été condamné à six mois de prison avec sursis contre quatre ans dont deux ferme en première instance, cette fois sans interdiction d'exercer. Il a été relaxé pour les deux vols qu'il était soupçonné d'avoir commis avec Karim M. et condamné pour faux en écriture et détournement de finalité d'un fichier, faits qu'il a reconnus en appel.

Aaron B. "n'est pas un voleur", a déclaré son avocat Adrien Sorrentino, "cette décision vient dire que les juges de première instance se sont largement trompés". Trois autres policiers, condamnés en février pour faux et violences selon les cas, seront rejugés séparément. Un quatrième a renoncé à son appel.

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La rédaction avec AFP