RMC

Peut-on dire que Nicolas Sarkozy est le premier président de la République condamné à de la prison?

Nicolas Sarkozy a été condamné lundi à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des "écoutes". Mais est-ce une première?

Peut-on dire que Nicolas Sarkozy est le premier président de la République condamné à de la prison? Oui et non, car il faut des précisions. 

Ce qui est sur c'est que la décision rendue ce lundi est sans précédent: Nicolas Sarkozy est devenu le premier ancien président de la Ve République condamné pour corruption, à trois ans de prison dont un ferme, dans l'affaire dite des "écoutes". Il est également le deuxième ex-chef de l'Etat à être sanctionné par la justice, après son ancien mentor Jacques Chirac, condamné en décembre 2011 à deux ans de prison dans le dossier des emplois fictifs de la ville de Paris. 

Nicolas Sarkozy, qui a toujours affirmé n'avoir jamais commis "le moindre acte de corruption", a écouté le prononcé de sa peine debout face au tribunal, semblant impassible. L'ancien président et ses avocats n'ont fait aucune déclaration à la sortie de la salle.

Avant Nicolas Sarkozy, donc, il y avait Jacques Chirac, qui fut le premier président de la Ve République condamné, en 2011, dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Jacques Chirac, décédé en septembre 2019, avait été condamné le 15 décembre 2011 à deux ans d'emprisonnement avec sursis pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêts. Avec sursis, donc, mais pas ferme contrairement à Nicolas Sarkozy.

Jacques Chirac, qui n'avait pas assisté à son procès en raison de son état de santé et était absent à la lecture de ce jugement historique, avait annoncé le soir même qu'il ne ferait pas appel de cette décision, déclarant ne plus avoir "toutes les forces nécessaires" pour se défendre devant les juges. Dans cette affaire remontant au début des années 1990, quand Jacques Chirac était maire de Paris, le parquet avait requis la relaxe de l'ancien président et de ses neuf coprévenus. Le tribunal correctionnel de Paris l'avait déclaré coupable, jugeant qu'il avait "manqué à l'obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques chargées de la gestion des fonds ou des biens qui leur sont confiés" et "cela au mépris de l'intérêt général des Parisiens". 

Pour fixer la peine de Jacques Chirac, le tribunal avait notamment tenu compte de "l'ancienneté des faits", "l'absence d'enrichissement personnel", "l'âge et l'état de santé" de l'ex-président, ainsi que des "éminentes responsabilités" qu'il avait exercées pendant ses 12 ans passés à l'Elysée.

Après avoir vu son nom cité dans plusieurs affaires, Jacques Chirac avait été rattrapé par la justice en novembre 2007, six mois après la fin de l'immunité que lui avait conférée son statut de chef d'Etat. Contre l'avis du parquet, il avait été renvoyé en correctionnelle pour deux affaires d'emplois fictifs.

Il était alors devenu le premier ex-président français condamné depuis Philippe Pétain en 1945.

La rédaction de RMC avec AFP