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Police: le directeur de la PJ de Marseille démis de ses fonctions après une forte mobilisation

Après la forte mobilisation de ses troupes contre la réforme de la police judiciaire, le directeur de la PJ de Marseille, Eric Arella, a été démis de ses fonctions.

Le patron de la police judiciaire de Marseille, Eric Arella, a été démis de ses fonctions après la mobilisation massive de ses troupes, avec "une haie du déshonneur", contre la réforme territoriale de la police. En solidarité, tous les enquêteurs de PJ de France se mobilisent ce vendredi après-midi devant leurs locaux. Eric Arella, qui dirigeait la police judiciaire sur la zone sud de la France, de Perpignan à Nice, est remplacé par Dominique Abbenanti, actuellement attaché de sécurité à Alger. En revanche, le directeur central de la police judiciaire, Jérôme Bonet, dément avoir présenté sa démission.

Un accueil glacial à l'Evêché pour le directeur général de la police nationale

Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale, est venu à Marseille ce jeudi pour présenter la réforme portée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui prévoit de placer tous les services de police sous l’autorité d’un même directeur départemental, dépendant du préfet. Mais l’accueil a été glacial à l’Evêché, avec près de 200 membres de la police judiciaire qui ont manifesté dans la cour et dans les couloirs de l’Hôtel de police de Marseille. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on voit Frédéric Veaux passer devant les policiers en colère, alignés sur les côtés, la plupart les bras croisés.

"C'est une honte, on lui fait porter le chapeau. Il a toujours été loyal. Et ce sont la quasi totalité des responsables qui sont contre cette réforme", voulue par le gouvernement, a indiqué à l'AFP une source de la PJ à Marseille après la mise à l'écart d'Eric Arella, qui est affecté à l'IGPN à partir de lundi.

Des juges d'instruction dénoncent une décision "autoritariste"

Cette éviction du patron de la police judiciaire (PJ) de la zone Sud est "inquiétante" et reflète un "mode de gestion autoritariste", a estimé dans un communiqué l'Association française des magistrats instructeurs (Afmi). Dans un communiqué distinct, les juges d'instruction de Marseille ont, eux, indiqué avoir appris "avec stupeur" l'éviction d'Eric Arella et expriment leur "vive inquiétude" à l'égard du projet de réforme de la PJ, contesté par la majorité de ce corps d'enquête.

LP avec Guillaume Biet