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"Pourquoi tant de délai pour une intervention": des victimes du Bataclan et leurs proches portent plainte

Deux ans et demi après l'attentat du Bataclan à Paris, un collectif de victimes et de proches porte plainte ce vendredi matin pour "non-assistance à personne en péril". Ils estiment que le bilan – 90 morts – aurait pu être moins lourd si les militaires présents sur place étaient intervenus plus tôt.

Deux ans et demi après l'attentat du Bataclan à Paris, un collectif de victimes et de proches porte plainte ce vendredi matin pour "non-assistance à personne en péril". Leurs avocats pointent les dysfonctionnements dans la gestion de l'intervention le soir du 13 Novembre. Selon eux, le bilan de 90 morts aurait pu être moins lourd. La famille ne comprend pas par exemple pourquoi les militaires de l'opération Sentinelle - pourtant arrivés très rapidement sur place - n'ont pas obtenu l'autorisation de leur hiérarchie d'intervenir aux côtés des policiers de la BAC, ni pourquoi ils n'ont pu prêter leurs armes aux policiers.

"Pourquoi tant de délai pour une intervention"

Sébastien Gomet a perdu son frère Cédric dans l'attaque du Bataclan. Pour lui, beaucoup de questions sont toujours sans réponse deux ans et demi après l'attaque. "Pourquoi en sachant que des militaires étaient présents il n'y a pas eu d'interventions, pourquoi tant de délai pour une intervention – presque deux heures et demi après l'assaut des terroristes ?, interroge-t-il sur BFMTV. Tout cela met en exergue le fait que potentiellement tout n'a pas été fait correctement. Ça ne nous ramènera pas nos proches, mais aujourd'hui cela pose de réels questions sur la responsabilité des chaînes d'opérations."

"On n'apprendra pas grand-chose de plus"

Pour Mathieu Zagrodzki, chercheur au CNRS, spécialiste des politiques de sécurité, cette plainte ne permettra pas de faire de nouvelles découvertes. Il rappelle que beaucoup de réponses ont déjà été données par les différents responsables, notamment sur les ordres donnés aux militaires. "Ce n'est pas parce qu'on est militaire qu'on est formé et habilité à gérer une prise d'otages. Gérer une prise d'otage dans un lieu confiné, cela nécessite des compétences et un équipement spécifiques. La BRI, quand elle est intervenue dans le Bataclan, n'a pas fait seulement usage de pistolets et de fusils d'assaut. Il y a besoin de boucliers balistiques, de grenades flash, de tout un tas d'équipements et de stratégies d'intervention".

"Evidemment il y a eu nombre de polémiques depuis eux ans et demi, et je ne pense pas qu'on va apprendre grand-chose de plus suite à cette plainte et suite à des actes d'enquêtes supplémentaires menés par la justice".