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Procès Bygmalion: six mois de prison ferme requis contre Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 15 octobre 2016.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 15 octobre 2016. - Valery Hache - AFP

3.750 euros d'amende ont également été requis à l'encontre de Nicolas Sarkozy dans le cadre du procès Bygmalion.

Un an de prison, dont six mois avec sursis, et une amende de 3.750 euros ont été requis jeudi à l'encontre de l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, jugé avec 13 autres prévenus dans l'affaire des dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012. Des peines allant de 18 mois à 4 ans d'emprisonnement avec sursis ont été requises à l'encontre des autres prévenus.

"Nicolas Sarkozy ne regrette visiblement rien puisqu'il n'est venu qu'à une seule audience", a soutenu la procureure Vanessa Perrée en dénonçant "la totale désinvolture" de l'ancien président.

"Ce comportement de ne pas se considérer comme un justiciable comme un autre, comme un citoyen parmi les citoyens, est à l'avenant de ce qu'il a été lors de cette campagne présidentielle, se situant hors de la mêlée", a-t-elle poursuivi d'un ton vif.

En mars, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ex-président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme (trois ans dont un ferme), pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes".

Malgré les notes d'alerte sur le risque de dépassement du coût de la campagne, dès le 7 mars 2012, "Nicolas Sarkozy veut un meeting par jour" et dès lors "vogue la galère", a ironisé le procureur.

Tout au long des débats, les anciens cadres de l'UMP (devenue Les Républicains) et de Bygmalion, le directeur de campagne, les experts-comptables, ont tous cherché à minimiser leur rôle, voire à le nier.

Seuls 4 des 14 prévenus (3 ex-cadres de Bygmalion et l'ancien directeur de campagne adjoint du président-candidat, Jérôme Lavrilleux), ont reconnu partiellement leur responsabilité dans la mise en place d'un système de fausses factures imaginé pour masquer l'explosion des dépenses de campagne du président candidat à sa réélection.

Les procureurs ont demandé trois ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende pour Jérôme Lavrilleux. Contre les trois ex-cadres de Bygmalion qui ont admis avoir accepté la mise en place du système de fausses factures, dix-huit mois de prison avec sursis ont été requis.

La peine la plus lourde (4 ans d'emprisonnement avec sursis) a été requise à l'encontre d'Eric Cesari, ex-directeur général de l'UMP, et de Guillaume Lambert, qui était le directeur de la campagne en 2012.

Révélé deux ans après la défaite de M. Sarkozy, le scandale avait entraîné des déflagrations en série à droite.

L'enquête a révélé que le prix réel des 44 meetings organisés par l'agence événementielle Bygmalion avait été drastiquement réduit - 80% des factures ont disparu - et le reste réglé par l'UMP au nom de conventions fictives du parti.

L'enquête "n'a pas établi" que Nicolas Sarkozy l'aurait "ordonné", qu'il y aurait "participé", ni même qu'il en aurait été informé, selon l'accusation. Par contre, il en a "incontestablement" bénéficié, disposant ainsi de "moyens bien supérieurs à ceux que la loi autorisait". Le plafond légal a été dépassé de 22 millions d'euros. Une thèse vigoureusement contestée par le chef de l'Etat pendant ses quatre heures d'interrogatoire.

L'ancien patron de l'UMP Jean-François Copé, entendu comme simple témoin dans le procès, a fustigé jeudi sur France Inter la "stratégie de défense intenable" de Nicolas Sarkozy et son incapacité à "assumer" ses actes.

En mars dernier, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ex-président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme (trois ans dont un ferme), pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite "des écoutes".

La rédaction avec AFP