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Procès de l’attentat de Nice: Christian Estrosi se défend de toute défaillance

Christian Estrosi, le maire de Nice, était entendu comme témoin jeudi 20 octobre par la Cour d’assises spéciale de Paris, dans le cadre du procès de l’attentat du 14 juillet 2016. Lors de son audition, il a tenu à défendre le dispositif de sécurité en place à l’époque ainsi que les policiers municipaux alors chargés de la vidéosurveillance.

Très vite, l'audition de Christian Estrosi a pris des airs d’interrogatoire, ce jeudi 20 octobre à la Cour d'assises spéciale de Paris. L’actuel maire de Nice, et à l’époque premier adjoint à la sécurité, était entendu sous le statut de témoin dans le cadre du procès de l’attentat du 14 juillet 2016, ayant causé la mort de 86 personnes sur la Promenade des Anglais.

Lors de l'audition de Christian Estrosi, le président de l’audience demande au maire de Nice : “Le poids lourd a fait 11 repérages sur la promenade. Est-ce qu’il était possible de le contrôler ?”. Face à cette question, le maire et président de la région PACA détaille le dispositif de vidéosurveillance de la ville.

Avec 1.836 caméras à Nice, Christian Estrosi déplore le fait qu’il n’y ait que 30 écrans pour suivre les images en temps réel. Et selon lui, “l’oeil humain est incapable de tout voir. Seule l’intelligence artificielle aurait permis d’avoir un voyant rouge”, estime l’ancien adjoint à la sécurité.

Pour l’une des avocates des parties civiles, Me Virginie Le Roy, il faut insister sur cette question de la vidéosurveillance sur la Promenade des Anglais. “Est-ce que la “Prom” figure sur ces écrans en permanence ?”, insiste Me Le Roy. “Oui”, concède le maire actuel de Nice, qui conteste toute forme de relâchement des policiers municipaux ce soir-là.

« Je suis là pour défendre mes agents », Christian Estrosi, adjoint à la sécurité de Nice à l’époque de l’attentat du 14 juillet

Quand il est question de l’absence de plots de béton anti-intrusion sur la Promenade des Anglais, l’élu botte en touche : “à posteriori, on peut toujours se demander pourquoi on n’a pas imaginé ce qui était inimaginable dans toute la France”.

Pas de mea culpa

Au cours de cette audition, les parties civiles présentes souhaitaient aussi pouvoir obtenir des excuses de la part de Christian Estrosi. Selon le récit de France 3 PACA, une autre avocate de partie civile, Me Olivia Chalus-Pénochet, a tenté de savoir si Christian Estrosi sentait "une part de responsabilité dans ce drame".

En réponse, le maire de Nice n'a pas explicitement avoué quelconque responsabilité, préférant souligner qu'en "tant qu'homme j’aurais voulu porter secours à beaucoup plus de monde. En tant qu’homme, j’ai des déceptions, celles de porter la responsabilité de ne pas avoir été assez performant pour convaincre la justice de considérer que la ville de Nice, ses agents, les Niçois et les Niçoises méritaient d’être reconnus partie civile".

Des propos qui dénotent avec ceux de Philippe Pradal, le maire de Nice de l'époque, qui a lui aussi témoigné après Christian Estrosi. "Dire qu’il n’y a pas eu de défaillance serait faire insulte aux victimes", a répété à deux reprises Philippe Pradal.

Marion Dubreuil (avec A.L)