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Procès de la mère de la fillette noyée à Berck: "Elle est morte sans identité"

Pour Marc Martzloff de l'association l'Enfant bleu, Fabienne Kabou avait prémédité la mort de sa fille.

Pour Marc Martzloff de l'association l'Enfant bleu, Fabienne Kabou avait prémédité la mort de sa fille. - -

Le procès de Fabienne Kabou s'ouvre ce lundi devant les assises du Pas-de-Calais. Cette femme de 39 ans est jugée pour l'assassinat d'Adélaïde, sa fille de 15 mois emportée par la marée après avoir été abandonnée sur la plage de Berck. L'association de Marc Martzloff, l'Enfant bleu, s'est constituée partie civile pour représenter cet enfant qui n'avait pas été déclarée à l'état civil.

Le 19 novembre 2013, Fabienne Kabou a laissé sa fille Adélaïde, allongée sur la plage de Berck-sur-mer à la marée montante. L'enfant de 15 mois sera retrouvée morte le lendemain par un pêcheur et il faudra dix jours pour identifier la mère et l'interpeller. La mère, résidant en région parisienne, avait pris le train avec sa fille puis loué une chambre d'hôtel avant de repartir après avoir abandonné Adélaïde. Pour Marc Martzloff, secrétaire général de l'association l'Enfant bleu, il s'agit d'un "assassinat avec préméditation".

"Elle a regardé quand elle était à Paris les horaires de marée. Elle s'est renseignée auprès d'une passante sur le niveau de la marée", affirme-t-il sur RMC.

Son association qui lutte contre la maltraitance faite aux enfants s'est constituée partie civile dans ce procès. Fabienne Kabou qui comparaît jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de Saint-Omer réfute toute préméditation.

"Elle cherche une explication qui ne dépend pas d'elle"

La mère invoque "les forces maléfiques, la sorcellerie qui l'auraient amenée à ce geste, au-delà de sa propre volonté", indique Marc Martzloff. Celle qui consultait régulièrement voyants et guérisseurs a en effet devant les enquêteurs invoqué des raisons mystiques. "Le crime qu'elle a commis est tellement horrible qu'elle cherche une explication qui ne dépend pas d'elle", estime Marc Martzlof.

Avec son association, il souhaite défendre une enfant cachée par sa mère et dont elle n'aurait jamais voulu.

"Fabienne Kabou a accouché à domicile. Elle vivait maritalement avec un compagnon à qui elle a déclaré qu'elle avait accouché dans une clinique, que l'enfant avait été déclaré et que tout allait bien. Le père ne s'est pas posé plus de question que ça. Les deux seules personnes qui connaissaient l'existence de cette enfant, c'est le père et Fabienne Kabou", explique-t-il.

Adélaïde n'a jamais été déclarée à l'état civile et n'avait "aucune existence légale", ajoute Marc Martzloff. "La Convention internationale des Droits de l'enfant donne l'obligation à tout enfant d'avoir un état civil, une identité. Dans ce cas-là, elle est morte sans identité."

Carole Blanchard