RMC

Professeur décapité: le parquet antiterroriste réclame des poursuites pour "complicité" d'assassinat terroriste

La foule venue saluer la mémoire de Samuel Paty place de la République à Paris le 18 octobre 2020

La foule venue saluer la mémoire de Samuel Paty place de la République à Paris le 18 octobre 2020 - Bertrand GUAY / AFP

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) estime que certains suspects avaient une connaissance précise de la finalité du projet terroriste de l'assaillant.

Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard a expliqué ce mercredi que l'enquête sur l'assassinat de Samuel Paty a été confiée à un juge d'instruction pour "complicité d'assassinat terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste", et vise notamment un parent d'élève et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui.

Parmi les sept personnes déférées devant la justice se trouvent également deux collégiens de 14 et 15 ans, soupçonnés d'avoir désigné l'enseignant à l'assaillant Abdoullakh Anzorov, en échange d'une somme d'argent de 300 à 350 euros.

L'ouverture d'une enquête pour "complicité" signifie que le Parquet national antiterroriste (Pnat) estime que certains suspects avaient une connaissance précise de la finalité du projet terroriste d'Anzorov.

"Il est aujourd'hui clair que le professeur a été nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux"

L'assassinat de Samuel Paty, décapité le 16 octobre près de son collège des Yvelines, s'inscrit dans un "contexte d'appels aux meurtres" lancés depuis la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo début septembre, avant l'ouverture du procès des attentats de janvier 2015 à Paris, toujours en cours, a souligné le procureur antiterroriste.

"Il est aujourd'hui clair que le professeur a été nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux" par le parent d'élève Brahim C. et Abdelhakim Sefrioui "au moyen de manoeuvres et d'une réinterprétation des faits", a résumé le procureur.

Samuel Paty avait été visé par la polémique lancée par les deux hommes après avoir montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet lors de cours sur la liberté d'expression dispensés les 5 et 6 octobre au collège du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

AFP