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"Quand on parle de mineurs, on ne peut pas prendre ça à la légère": l'accès au fichier des délinquants sexuels bientôt élargi

INFORMATION RMC - Le fichier "Fijais", qui répertorie les personnes ayant fait l'objet d'une décision judiciaire pour une infraction sexuelle ou pour certaines infractions violentes, va être élargi.

"Comment protéger les enfants contre toutes les formes de violences?": c'est la question à laquelle doit répondre le plan présenté aujourd'hui par le secrétaire d'État à la Protection de l'enfance Adrien Taquet en ce 30ème anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Information RMC que nous vous dévoilons ce matin, Le fichier "Figais" qui sert à prévenir la récidive, à identifier et à localiser les auteurs, va être élargi. Alors qu'aujourd'hui seules les condamnations de plus de 5 ans y sont notifiées, le gouvernement souhaite intégrer des peines inférieures liées à des faits de pédopornographies ou d'exhibitionnisme.

"La saisie ouvre automatiquement le casier judiciaire s’il y a quelque chose ou si nous avons une alerte"

Objectif: mieux détecter les profils à risques et les maintenir à distance d'activités en lien avec des mineurs. Certaines colonies de vacances s'en servent par exemple pour identifier d'éventuels animateurs dangereux.

Avant chaque colonie de vacances, les organisateurs déclarent en ligne l'identité des animateurs au département de référence, Bruno Leonarduzzi est inspecteur de la jeunesse dans l'Eure, c'est lui qui récolte ces informations: "De manière automatique, la saisie ouvre le casier judiciaire s’il y a quelque chose ou si nous avons une alerte. Ça peut être des actes de violences, des infractions sexuelles".

"Si on vérifie des actes qui sont un peu plus légers c’est une très bonne chose"

Une fois signalé l'animateur se voit refuser l'encadrement. Et pour Louise Fénelon, directrice-adjointe de l'association Vacances Voyages Loisirs, qui gère le recrutement d'animateurs, ce dispositif porte ces fruits: "C’était une personne qui allait s’occuper de l’entretien du centre de vacances. On a été informé du fait que cette personne avait eu des soucis en terme de faits de violence. Nous avons pu, avant le début de son contrat, lui demander de ne pas venir sur le séjour".

Et elle se réjouit qu'à l'avenir l'ensemble des peines soient prises en compte: "Quand on parle de mineurs, on ne peut pas prendre ça à la légère. Si on vérifie des actes qui sont un peu plus légers et qui sont sur des peines plus petites, c’est une très bonne chose".

Cette professionnelle regrette que la consultation de ce fichier ne soit pas rendue obligatoire.

Alfred Aurenche (avec Caroline Petit)