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Qui est Paul François, l’agriculteur victorieux de Monsato?

Ce jeudi, nous sommes revenus sur l'histoire de Paul François. Cet agriculteur de 56 ans a enfin gagné  son combat contre l'entreprise Monsanto après 13 ans de procédures judiciaires.

Il a remporté victoire définitive depuis mercredi, après 13 ans de procédure judiciaire contre Mosanto. Paul François, céréalier de Charente, a gagné en première instance en 2012, en appel en 2015 et c’était mercredi sa deuxième victoire en cassation.

Il a 56 ans et il est agriculteur depuis longtemps puisqu’il commence à 16 ans et il reprend ensuite l’exploitation familiale de 240 hectares, donc une grosse exploitation. Il fait alors de l’agriculture conventionnelle donc il utilise des pesticides.

Le 27 avril 2004, il est en train de vérifier une cuve qui est restée au soleil, et il inhale accidentellement des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto. A cette époque, ce produit était autorisé en France, c’est plus le cas aujourd’hui, mais il était déjà interdit au Canada depuis 17 ans. Il perd alors connaissance, sa femme, infirmière l’emmène à l’hôpital, il y restera 200 jours. Il est finalement déclaré handicapé à 40%.

Commence alors le combat de sa vie. Il se bat pour faire reconnaître la responsabilité de l’herbicide sur son état de santé. On l’accuse de folie, on l’accuse de shoot volontaire. Ce sera un combat très violent pour lui, il le raconte d’ailleurs dans un livre.

Chevalier de la Légion d'honneur

Depuis, il a fait du chemin, il a converti son exploitation au bio l’an dernier, ce que raconte un des films tournés sur lui. Une série télé s’est également inspirée de sa vie “Jeux d’influence”. Et puis il a fondé l'association Phyto-Victimes en 2011, qui vient en aide aux victimes de pesticides. Il est chevalier de la Légion d'honneur, qui lui a été remise par Nicolas Hulot. 

Mais il n’en a pas fini avec la justice, car en février dernier, il est mis en examen pour recel de biens provenant d'abus de confiance d'un montant de "plusieurs centaines de milliers d'euros". C’est une notaire de Ruffec qui est une de ses amies, qui lui a proposé de l'aider à financer son procès, et cette notaire est soupçonnée d'avoir détourné l’argent de sa clientèle. Paul François explique qu’il ignorait tout de l’origine de cet argent. L’enquête est en cours. 

Ce qui est certain, c’est que la décision de mercredi, on la doit au courage de cet homme qui souffre encore aujourd’hui de graves troubles neurologiques.

Bérengère Bocquillon