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Radicalisation à la prison de Béziers: "ça se fait dans les cours de promenade, aux fenêtres"

A Béziers, plusieurs détenus radicalisés inquiètent les surveillants de prison.

A Béziers, plusieurs détenus radicalisés inquiètent les surveillants de prison. - Pascal Guyot - AFP

A Béziers, un syndicat du centre pénitentiaire tire la sonnette d'alarme face à un phénomène de radicalisation. L'inquiétude monde au sein des équipes de cette prison, comme du côté des familles de détenus.

Les gardiens de prison de Béziers craignent un effet domino. Deux détenus, décrit par le syndicat Ufap-Unsa comme des meneurs poseraient des problèmes. Radicalisés, ils feraient du prosélytisme religieux au sein de la prison.

Laurent Maffre, responsable régional Ufap-Unsa insiste, "il y a un vrai phénomène de radicalisation. Ca se fait dans les cours de promenade, ça se fait aux fenêtres aussi. Parce que la nuit ou dans la journée aux fenêtres, ça parle aussi. Et puis après ils ont pratiquement tous des téléphones portables donc ils peuvent s'appeler entre eux aussi".

L'inquiétude est partagée par des parents de détenus, comme cette dame dont le fils de 20 ans a été incarcéré pour cambriolage.

"Je pense que la prison peut radicaliser certaines personnes qui peuvent être fragiles à des moments donnés. Tous ceux qui font ces attentats, ils sortent d'où? Ils sont passés en prison", lance cette mère de famille.

Un "incident grave" redouté

Pour le syndicat, avec un gardien pour 110 détenus, il est impossible de tout surveiller. Vendredi, le bureau local du syndicat a appelé à une grande vigilance "avant un grave incident".

De son côté, le député Les Républicains de l'Hérault Elie Aboud a écrit au Garde des Sceaux pour l'alerter.

"Il faut réfléchir très sérieusement et très vite sur une structure identifiée, isolée pour mettre ces détenus. Je pense qu'il y a un danger."

En France, plusieurs établissements pénitentiaires dont la prison de Fresnes expérimentent le regroupement des détenus radicalisés dans un quartier isolé des autres.

Carole Blanchard avec Jean-Wilfrid Forquès