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Rapatriement de jihadistes: "Ceux qui y sont allés pour tuer doivent assumer", assure Périco Légasse

La France refuse toujours de rapatrier les femmes de djihadistes et leurs enfants, toujours détenus dans des camps de prisonniers kurdes en Syrie. Une position à contre-courant de celle de ses voisins, qui au contraire rapatrient leurs ressortissants.

Ils sont 22: seize enfants et six femmes, ex-épouses de jihadistes belges ont été rapatriés ces derniers jours par la Belgique. Une politique à contre-courant de ce qui se fait en France. Paris compte 80 ressortissantes et 200 enfants toujours retenus dans des camps en Syrie sous contrôle kurde.

Car de son côté, le gouvernement français n'en démord pas. "Hors de question" de faire comme les autres pays européens qui ont choisi de rapatrier leurs ressortissantes.

"Qu'ils assument"

"L'Etat français considère que ces gens sont allés en Syrie pour commettre des crimes monstrueux au nom d'une idéologie épouvantable et qu'ils n'ont qu'à assumer", estime ce mercredi sur RMC Périco Légasse. "Il faut étudier au cas par cas, s'il y a des cas sociaux humains avec une détresse énorme, la République française doit être dans son rôle et accepter certains retours", ajoute-t-il.

"Pour le reste, qu'ils assument. Ceux qui y sont vraiment allés pour tuer, ils doivent assumer d'avoir participé à une opération terroriste islamiste", estime Périco Légasse.

Pour Fatima Benomar, la France fait un choix politique: "L'Etat français s'arcboute pour une question de communication. 80 femmes et 200 enfants, ça tient dans un immeuble. En plus, on a le recul des pays européens qui l'ont fait et on voit que ce n'est pas un choix dangereux", estime-t-elle.

"On dit qu'ils n'ont qu'à être jugés là-bas, mais il n'y a plus d'Etat et plus d'infrastructures", ajoute Fatima Benomar.

Les appels des familles restés sans réponse

Si la France est le pays européen qui compte le plus de ressortissants sur place, c'est aussi le pays qui a la politique la plus stricte en terme de rapatriement, estimant que ces adultes doivent être jugés sur place.

Seul un petit nombre d'enfants, les mineurs isolés, les orphelins ou ceux dont les parents ont renoncé à leurs droits ont été rapatriés. En 3 ans ainsi, 35 d'entre eux sont rentrés en France, dont la moitié d'orphelins.

En décembre 2021, une Française de 28 ans, mère d'une fillette de 6 ans, est morte du diabète en dépit des appels de ses avocats pour obtenir son rapatriement d'un camp de prisonniers au Kurdistan. La semaine dernière, c'est la famille d'une autre détenue, souffrant d'un cancer et dont le pronostic vital serait en jeu, qui en a appelé au président de la République Emmanuel Macron, demandant son rapatriement.

G.D.