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Refus d’obtempérer à Nice: le policier auteur du tir mortel a été placé en garde à vue

Un homme a été tué par un policier ce mercredi à Nice, après un refus d'obtempérer. Le policier a été placé en garde à vue.

La scène a été filmée. A Nice, ce mercredi après-midi, un policier a tiré sur le conducteur d’une voiture, après un refus d’obtempérer. Selon les premiers éléments, le véhicule avait été volé et l’homme qui est décédé, de nationalité tunisienne, aurait "zigzagué dangereusement" sur la voie Mathis, la voie rapide qui contourne Nice, selon la Direction départementale de la sécurité publique. Comme indiqué par RTL, le policier auteur du tir a été placé en garde à vue ce mercredi soir par l’IGPN. C’est la procédure habituelle dans ce genre de situation. Agé de 23 ans, le policier est adjoint de sécurité, en poste à Nice depuis deux ans. Il doit s’expliquer sur les circonstances de cette intervention et les raisons qui l’ont poussé à tirer sur l’automobiliste.

Dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Grégory Joron, secrétaire général Unité SGP Police-FO, a confirmé la mise en garde à vue du policier. Mais il appelle à rester prudent sur le contexte dans lequel ce tir a été réalisé. "J’ai vu ces images, explique-t-il. Permettez-nous d’avoir un peu de prudence, parce que ça ne résume pas toute l’intervention. Et permettez-moi d’expliquer que cette voiture avait déjà percuté deux fois les véhicules de police. Il y avait eu une prise en charge eu égard au comportement du véhicule, qui avait été volé. Et il y a une forme de psychologie et de stress du policier dans ces conditions-là. Je ne préjuge pas de ce qu’il va se passer, de la mise en examen ou pas de mon collègue, puisqu’il est en garde à vue."

"Les policiers tirent lorsque leur vie est en danger"

Et ce syndicaliste policier veut bien faire la différence entre le refus d’obtempérer et le danger de mort. "C’est assez pénible d’entendre que les policiers tuent ou tirent quand c’est un refus d’obtempérer, estime Grégory Joron. Non, pardon, ils tirent lorsque leur vie est en danger, ou celles de leurs collègues, ou celle d’autrui. Ce n’est pas un refus d’obtempérer dans ces moments-là. La qualification qui est souvent retenue, c’est tentative d’homicide volontaire, ou a minima violence aggravée avec arme par destination. Ne faites pas le raccourci entre refus d’obtempérer et usage des armes."

A Rennes, dans la nuit de mardi à mercredi, c’est une femme de 22 ans qui a été tuée par le tir d’un policier après un refus d’obtempérer dans le cadre d’une opération anti-drogue.

LP avec GB