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"Rien ne justifie une telle barbarie": après la mort d'un octogénaire, douleur et colère à Bezons

Un homme de 87 ans est mort ce week-end, des suites de ses blessures, après avoir été frappé dans sa cave lundi dernier à Bezons (Val-d’Oise).

Il est descendu chercher une bouteille, mais n’est jamais remonté. Un homme de 87 ans a été roué de coups lundi dernier dans la cave de son immeuble, à Bezons (Val-d’Oise). Il est mort, des suites de ses blessures, dans la nuit de samedi à dimanche. Un homme a été mis en examen et écroué vendredi. Il a avoué avoir passé à tabac l’octogénaire, qui était l'un de ses voisins. Une autre personne a été interpellée. Il s'agit du frère du principal suspect et il a été hospitalisé d'office après l'expertise psychiatrique réalisée en garde à vue.

"On est dans l’attente d’informations sur l’enquête, sur l’audition, pour savoir ce qu’il s’est passé et quelles sont les explications, le prétexte. On n’arrive pas à comprendre. Peu importe la raison, ça ne justifie pas un meurtre sauvage et barbare", confie la maire de Bezons, Nessrine Menhaouara (PS), dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story. "C’est l’incompréhension, la tristesse, une douleur ressentie de façon vraiment profonde par tous les Bezonnais et Bezonnaises, ajoute-t-elle. Et la colère que ça arrive de cette façon, pour des personnes fragiles, sans problèmes. Il n’y aucune raison. Rien ne justifie une telle barbarie."

"C’était une personne géniale, un homme bien"

Dans la résidence où vivait l’octogénaire, le choc est immense. "Cela fait 52 ans que je suis à Bézons, je n’ai jamais vu ce genre de problème", confie Honoré, un voisin de la victime. Nina, qui connaissait bien l’homme de 87 ans, qui l’aidait à monter ses courses et était connu pour rendre service dès qu’il le fallait, s’inquiète aussi pour sa veuve: "Elle n’a plus personne, à cause d’un con qui l’a massacré. Pourquoi ? Dès que j’ai appris qu’il était mort, j’en ai pleuré. C’était une personne géniale, un homme bien".

Les deux frères interpellés habitaient la même cage d'escalier que la victime. Le plus âgé nettoyait les parties communes depuis quelques semaines. "Il était tranquille, il faisait son petit travail. Je n’aurais jamais pensé que ça en arriverait là", explique Nathalie, qui le croisait tous les matins. Mais d’autres voisins ne sont pas de cet avis et certains se méfiaient des deux frères. Ils dénoncent des comportements irrespectueux mais aussi des insultes si on osait les reprendre. Depuis l’événement, la crainte a envahi la résidence. Une habitante l’assure, elle n’ose plus aller dans sa cave toute seule.

"Une sorte de trou noir dans les procédures"

Nessrine Menhaouara, la maire de Bezons, déplore le manque d’informations des élus locaux quant au passé judiciaire et psychiatrique des suspects. "La première chose, si ce sont des repris de justice, c’est que moi je ne le sais pas en tant que maire, je n’ai pas d’information. On parle de quelqu’un qui est en psychiatrie, on ne sait pas s’il a participé ou pas, mais quel est le suivi? S’il est sorti de prison il n’y a pas longtemps, on ne le sait pas, et quel a été son accompagnement, quelle est la surveillance? Il y a une sorte de trou noir dans les procédures. C’est très important qu’on ait les informations." La maire de Bezons demande également "plus de moyens et notamment de la présence policière, qui n’est pas suffisante".

LP avec PBo.