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"Si ce pays n'a pas basculé, c'est grâce à nous. Et là, on veut nous jeter aux chiens", déplore ce policier

Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie-officiers, explique ce jeudi matin sur RMC qu'il regrette le climat de défiance autour de la police ces derniers jours.

La police dans le viseur des politiques après différentes affaires de violences. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes par la justice et confiées à l'IGPN, des procédures qui interviennent alors que les critiques se multiplient contre les policiers pour leur gestion des manifestations depuis le mouvement des "gilets jaunes" et de la contestation contre la réforme des retraites.

Mardi en déplacement à Pau, Emmanuel Macron a dénoncé "des comportements qui ne sont pas acceptables", demandant au gouvernement "des propositions claires pour améliorer la déontologie" des forces de l'ordre.

"Les politiques se sont servis de nous (...) Il y a une fébrilité au plus haut niveau de l'Etat"

Le ministre de l'Intérieur a également rappelé la police à son devoir d'exemplarité et à l'éthique. Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat de police Synergie-officiers, invité de Bourdin direct ce jeudi, regrette que l'exécutif ne soutienne pas totalement la police.

"Il a raison dans le sens où les policiers ne se lèvent pas le matin en rêvant de commettre une bavure. Ce qui ne nous plaît pas c'est que le politique s'est servi de nous. Car ce gouvernement était extrêmement contesté, on a eu des personnes qui manifestaient dans des conditions épouvantables tous les samedis. Tous les samedis nous avons tenu la boutique. On a maintenu la République. Si ce pays n'a pas basculé, c'est grâce à nous.
Et aujourd'hui on veut nous jeter aux chiens. Le même jour on a un collègue qui meurt écrasé par des voyous, on a deux collègues qui se suicident et pas un mot du président de la République. Et par contre on nous parle de violences policières. Il y a une fébrilité au plus haut niveau de l'Etat, aussi parce qu'il y a la proximité avec les élections municipales."

"Non la police n’est pas violente, elle exerce une violence légitime"

Patrice Ribeiro balaie également les critiques de la part des politiques d'opposition, notamment à gauche, taxant La France insoumise de "spécialiste du complotisme". Il réfute même l'existence même de violences policières au vu des pouvoirs qui leurs sont conférés.

"Non la police n’est pas violente, elle exerce une violence légitime qui est celle de l’Etat. Les violences policières n’existent pas, ces violences sont légitimes ou ne le sont pas. C’est la seule question.
La police est parfois acculée à être violente avec une sauvagerie dans les manifestations, des gens qui viennent face à nous pour casser, militarisés, venus pour casser. Des gens qui ont attaqué l’Assemblée nationale, comme en février 1934. Dans ce contexte on est obligés de tenir ces gens là, d’exercer ces violences, on ne le fait pas de gaîté de coeur, sinon c’est le chaos."
J.A.