RMC

Stéphanie, jeune surveillante de prison: "Face à 70 détenus, on est seul au monde"

En pleine grogne des surveillants, RMC a donné la parole à cette jeune femme, âgée de 23 ans, devenue surveillante pénitentiaire stagiaire depuis la fin d'année dernière. Elle pense déjà à démissionner.

Comment sortir du conflit? Les négociations entre les syndicats de personnels pénitentiaires et le ministère de la Justice sont toujours au point mort. Les trois syndicats, Ufap-Unsa (majoritaire), FO et CGT-Pénitentiaire, ont appelé à poursuivre le mouvement de blocage des établissements pénitentiaires.

Nicole Belloubet a affirmé mardi soir que sa porte était "toujours ouverte" après avoir vu les syndicats de surveillants de prisons quitter la table des négociations, rejetant les propositions du gouvernement, notamment la prime proposée par la Chancellerie pour les agents affectés aux prisons sensibles a été qualifiée de "prime à l'agression" par les syndicats. 

"Comme si j'étais de la viande fraîche"

Mais quelle réalité y a-t-il derrière ce mouvement? Au-delà des agressions, dont on parle trop souvent, il y a le quotidien des surveillants. Stéphanie, 23 ans, est surveillante pénitentiaire stagiaire depuis la fin d'année dernière. A l'école, elle voulait faire carrière dans l'administration pénitentiaire. Aujourd'hui, elle se sent menacée en allant au travail tous les jours, comme elle le raconte au micro RMC de Marion Dubreuil: 

"Je me doutais bien que travailler auprès des détenus, ce n'était pas voir la vie en rose tous les jours, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi peu sécurisé. Sur un couloir où il y a 70 détenus, on est seul au monde. Il y a bien, c'est vrai, quelques caméras, mais... Clairement, quand on ouvre une porte à certains détenus, on sait qu'il y a un risque. On passe nos journées avec un sifflet, un talkie-walkie avec une petite alarme. Et cette alarme ne se déclenche qu'une fois sur deux! Vu ma taille et ma corpulence, c'est délicat. Ce qui est le plus usant, ce sont les insultes. Le premier jour que je suis arrivée, on m'a appelé "Charal", comme si j'étais de la viande fraîche. Si ça continue comme ça, il y a de grandes chances que je pose ma lettre de démission".
X.A avec Marion Dubreuil