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Terrorisme: à Fleury-Mérogis, la délicate prise en charge des femmes radicalisées

Reportage RMC – Dans la maison d'arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis, une vingtaine de femmes sont incarcérées pour des faits liés au terrorisme. RMC a pu accompagner la visite en prison du sénateur socialiste Xavier Iacovelli.

A la maison d'arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis, une vingtaine de femmes sont incarcérées pour des faits liés au terrorisme. Ces détenues sont parfois mineures. Elles sont de retour de Syrie, ont tenté de partir ou sont à l'origine de projets d'attentats. Ces femmes sont mélangées aux 270 autres détenues. Une situation qui inquiète certains parlementaires dont Xavier Iacovelli. Ce sénateur socialiste s'est rendu sur place. RMC a pu l'accompagner.

Avec son titre de sénateur, Xavier Iacovelli a le droit d'ouvrir toutes les portes. Il va rester ainsi seul en cellule avec une jeune femme de 21 ans condamnée pour avoir tenté de rejoindre l'Etat Islamique. Il en ressort très surpris: "Quand on la voit on a l'impression qu'elle est guérie. Cette facilité à me raconter son parcours, cette facilité à me dire qu'elle aurait pu faire du mal aux autres et en même temps ce retour en arrière, son espèce de mea culpa. On a envie de la croire".

"L'imam vient le samedi et le dimanche"

Avec les responsables de la maison d'arrêt pour femmes, direction la salle des cultes où des aumônières musulmanes se relaient: "L'imam vient le samedi et le dimanche. Celles qui le veulent peuvent voir quelqu'un. Certaines le refusent".

Laurent Ridel, directeur des services pénitentiaires d'Ile-de-France, nous en explique la raison: "Parfois, ça ne correspond pas non plus à leur lecture, à leur vision. Elles préfèrent rester dans leurs certitudes qu'être confrontées à une autre vision de l'islam qui est enseignée par les imams".

Toutes les femmes incarcérées pour terrorisme sont suivies de très près. Comme pour les hommes, le prosélytisme religieux existe, avec le risque de voir se radicaliser d'autres détenues. Aude Boyer, directrice de la prison, assure être attentive à ce type de risque : "Ça arrive, ça peut arriver et ça arrivera certainement encore. Le tout est d'être attentif, à l'écoute, de telle sorte que l'on puisse protéger les plus vulnérables et écarter les personnes plus nuisibles".

Contrairement aux hommes, pour le moment, officiellement la dangerosité de ces détenues radicalisées n'est pas évaluée.

Céline Martelet (avec P.B.)