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Transfèrement d'Abrini en France? "C'est le pays qui a l'affaire la plus importante qui prime"

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L'avenir judiciaire de Mohamed Abrini, arrêté vendredi est désormais plus qu'incertain. Sous le coup d'un mandat européen émis par la France dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 13 novembre, le parquet fédéral belge pourrait demander plus de temps pour l'interroger avant d'envisager un éventuel transfert.

Mohamed Abrini intéresse la France et la Belgique. Arrêté vendredi en Belgique, celui qui a reconnu être "l'homme au chapeau" de l'aéroport de Zaventem est aussi impliqué dans les attentats de Paris.

Deux jours avant les attentats, il avait été vu dans une station service avec Salah Abdeslam à bord d'une voiture utilisée par les commandos de Paris. 

"Il prend une importance toute autre pour la Belgique. S'il est un des auteurs directs, celui qui a déposé une bombe, la plus puissante à l'aéroport de Zaventem, les Belges pourraient dire: 'nous on estime qu'on est mieux placé que vous' puisque pour la France, semble-t-il, il n'interviendrait que sur un plan assez logistique", estime l'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière sur RMC.

Mohamed Abrini est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par la France mais son transfèrement devrait dépendre de l'enquête belge sur les attentats de Bruxelles dans laquelle l'implication du suspect ne fait plus de doute.

"C'est le pays qui a l'affaire la plus importante qui prime sur les autres. La remise effective sera fonction des intérêts des enquêtes en France et en Belgique", poursuit Jean-Louis Bruguière. 

L'idée d'une justice européenne

Pour Pierre Martinet, ancien du service action de la DGSE le transfèrement d'Abrini en France n'est pas la question prioritaire: 

"Que Salah Abdeslam ou Mohamed Abrini soit emprisonné, jugé en France, en Belgique, en Allemagne ou ailleurs c'est vraiment secondaire. Ce qui est vraiment important aujourd'hui c'est d'avoir une réelle coordination dans la lutte, la prévention", réclame-t-il.

Face aux ramifications de ce réseau dans plusieurs pays, Pierre Martinet estime que ces questions devraient à l'avenir se régler au niveau européen. "Il est grand temps d'avoir une justice européenne spécifique au terrorisme islamiste", appuie-t-il.

C. B avec Marion Dubreuil