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"Un contrôle indépendant": comment Emmanuel Macron compte améliorer et renforcer le lien entre police et population

Le chef de l'Etat va faire des annonces lors d'un déplacement à Roubaix ce mardi.

Séquence policière pour Emmanuel Macron qui est attendu ce mardi à 12h30 à Roubaix, dans les Hauts-de-France, pour conclure le Beauvau de la sécurité. Après plus de sept mois de réflexion, le chef de l'Etat doit faire des annonces devant des élèves policiers, des élus, des magistrats et des citoyens. Et l'une d'elles va être un "contrôle indépendant" de "l'action des forces de l'ordre", en réponse aux critiques récurrentes qui visent l'IGPN, la fameuse "police des polices".

Les modalités de ce "contrôle indépendant" n'ont pas été précisées, mais en avril dernier, le chef de l'Etat avait évoqué la création d'une "délégation parlementaire chargée du contrôle (des) forces de l'ordre", à l'image de la délégation pour le renseignement.

Autrement dit, le chef de l'Etat ne veut plus que le contrôle de la police soit la chasse gardée de l'IGPN, organe qui dépend aujourd'hui directement du ministère de l'Intérieur, qui décide son budget, et nomme son directeur. Pour matérialiser cette indépendance, Emmanuel Macron veut "externaliser" ce contrôle. L'objectif pour l'Elysée est de répondre aux critiques d'un organe jugé trop connivent, en se dotant de nouveaux dispositifs qualifiés de plus "transparents".

Les concertations avaient été lancées en pleine affaire Michel Zecler, ce producteur de musique noir, passé à tabac par des policiers en novembre dernier à Paris.

Emmanuel Macron avait alors reconnu l'existence de contrôles au faciès et de violences de la part des policiers, suscitant la colère des syndicats qui attendent beaucoup de la prise de parole présidentielle: un vrai plan et une enveloppe importante. 

Pas de grande réforme, comme il avait un temps été envisagé

Durant les discussions, 8 "chantiers" ont été ouverts dont la réponse pénale, la formation des policiers, le lien entre police et population, la captation de vidéos et les moyens accordés à la police. 

Le président souhaite également améliorer et renforcer le lien entre police et population. Et cela passe notamment par une très légère évolution du travail de l'IGPN. Le chef de l'Etat devrait aujourd'hui annoncer plus de transparence dans son fonctionnement et insister également sur la nécessité de rendre effectives ses décisions et les sanctions décidées à l'égard d'agents qui auraient commis des erreurs ou des violences.

Pas de grande réforme, donc comme il avait un temps été envisagé. Le contrôle de l'action des forces de l'ordre devrait néanmoins être renforcé via le travail d'une délégation parlementaire, comme c'est déjà le cas pour des missions de renseignements. 

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Jérémy Trottin (avec J.A.)